L’isolement social augmenterait le risque cardiovasculaire et le nombre de décès

Les personnes socialement isolées ont un risque 50 % plus élevé de décès de toute cause, et plus particulièrement d’événements cardiovasculaires, en comparaison à la population générale. C’est la conclusion à laquelle est arrivée Dr Janine Gronewold (Hôpital Universitaire d’Essen, Allemagne) dans son travail de recherche qui s’intègre dans l’étude Heinz Nixdorf Recall (HNR). Dr Gronewold et son équipe ont suivi pendant 13 ans (en moyenne) un total de 4316 sujets (âgés en moyenne de 59,1 ans) sans maladie cardiovasculaire. L’intégration sociale a été évaluée sur la base de l’état matrimonial, de la cohabitation, des contacts avec des amis proches et de la famille, et de l’appartenance à des organisations politiques, religieuses, communautaires, sportives ou professionnelles.

« Si nous savons depuis longtemps que le fait de se sentir seul ou de manquer de contact avec des amis proches et la famille peut avoir un impact sur la santé physique, cette étude apporte pour information supplémentaire qu’avoir de solides relations sociales est capital pour la santé cardiaque, et de manière aussi importante que d’autres facteurs classiques tels que la pression artérielle, la cholestérolémie et le poids. Ce constat est particulièrement intéressant dans le cadre du confinement provoqué par la pandémie COVID-19, au cours de laquelle les contacts sociaux sont ou ont été considérablement restreints », commentent les auteurs.

En pratique, un total de 339 événements cardiovasculaires (infarctus, AVC, …) et 530 décès ont été recensés. Après ajustement des données démographiques (âge, sexe, support social), biologiques (pression artérielle, HDL-C, LDL-C, Hb glyquée, IMC, traitements antihypertenseurs, hypolipémiants ou antidiabétiques) et socioéconomiques (profession, alcoolisme, tabagisme, activité physique), les auteurs démontrent qu’un manque d’intégration augmente de 44 % le risque d’événements cardiovasculaires et de 47 % le risque de décès (toutes causes confondues).

L’instabilité financière a été, de son côté, associée à un risque accru de 30 % des événements cardiovasculaires sans augmentation significative du risque de décès.

« Même si nous ne comprenons pas encore les mécanismes qui mènent les personnes socialement isolées à de telles conséquences, nous devons prendre ces résultats au sérieux, et trouver des moyens efficaces et évaluables dans leur pertinence pour s’attaquer à cette problématique », concluent les auteurs avec beaucoup d’idéalisme…

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Référence
Gronewold J et coll. : Association of social relationships with incident cardiovascular events and all-cause mortality. 6ème congrès de l’Académie Européenne de Neurologie (virtuel) : 23-36 mai 2020.

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