Loin d’être abattu

Paris, le samedi 1er juin 2019 – Tous ceux qui ont déjà regardé une finale de Roland Garros un dimanche de juin sous le soleil (ou sous la pluie) se souviennent des regards agacés de l’arbitre priant les spectateurs du central de modérer leurs enthousiasmes et leurs cris. « Silence, s’il vous plait » lance l’homme en blanc. Et avec parfois moins d’élégance, certains joueurs n’ont pas caché leur exaspération face aux cris des supporters (surtout quand ils soutiennent leur adversaire).

Sans bruit

C’est une partie du spectacle qui aura totalement échappé à Yannick Hanfmann joueur allemand que les spectateurs du Central ont découvert lundi lors de l’ouverture des Internationaux de France. Ce brouhaha est totalement étranger au joueur classé 180ème. En effet, Yannick Hanfmann souffre d’une forme de surdité congénitale, qui n’est que partiellement corrigée par une aide auditive, qu’il n’utilise pas nécessairement sur les courts. « Sur le terrain, ça présente aussi un certain avantage. Un court rempli de spectateurs ne me déstabilise pas » confirmait récemment le joueur au magazine allemand Bild.

Face au chouchou du Central

Ce petit avantage ne lui a évidemment pas permis de faire la différence lundi. Il faut dire que le hasard des tirages au sort avait placé sur la route inattendue de Yannick Hanfmann un
joueur qui ne risquait pas plus d’être déstabilisé par les spectateurs du central, ces derniers lui étant en effet définitivement acquis : Rafael Nadal. Le joueur allemand n’a ainsi pu voler que six jeux au géant espagnol et s’est incliné en trois sets (6-2, 6-1, 6-3). S’il avait pu bénéficier d’une sélection plus clémente, le joueur allemand aurait peut-être su créer la même surprise qu’à Gstaad l’année dernière où il a disputé sa première finale ATP après avoir éliminé trois têtes de série (Feliciano Lopez, Joao Sousa et Robin Haase).

Depuis le championnat de l’université de Californie du Sud

Mais Yannick Hanfmann n’éprouve guère d’amertume face à cette si courte participation à Roland Garros, car son parcours de tennisman n’a rien de celui de l’infatigable combattant ayant dû triompher de son handicap. C’est en effet presque par hasard que ce natif de Karlsruhe âgé de 27 ans s’est retrouvé sur la terre battue de Roland Garros. Titulaire d’un bachelor de relations internationales de l’université de Californie du Sud (Los Angeles), il a été repéré alors qu’il participait au championnat de cette faculté américaine ! Ses différentes victoires l’ont conduit à côtoyer les tournois professionnels où il ne manifeste pas d’ambition démesurée si ce n’est celle de faire entendre sa musique particulière.

Léa Crébat

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