L’olaparib améliore significativement la survie globale dans le cancer de l’ovaire : résultats finaux de SOLO2

Le cancer de l’ovaire récidivant est de mauvais pronostic. Les traitements actuels visent surtout à retarder l’apparition des symptômes et à prolonger la survie. Cette dernière est néanmoins difficile à démontrer dans les études cliniques.

L’olaparib, puissant inhibiteur des enzymes PARP (poly ADP-ribose polymérase) humaines est indiqué, entre autres, en traitement d’entretien chez des patientes adultes atteintes d'un cancer épithélial de haut grade de l'ovaire, des trompes de Fallope ou péritonéal primitif, récidivant et sensible au platine et qui sont en réponse (complète ou partielle) à une chimiothérapie à base de platine (quel que soit leur statut mutationnel pour les gènes BRCA1/2).

La sécurité et l’efficacité de l’olaparib en traitement d’entretien a été évaluée dans un essai de phase III randomisé, en double aveugle (versus placebo) nommé SOLO2. Un total de 295 patientes (âge médian de 56 ans) atteintes d’un cancer de l’ovaire endométrioïde ou séreux (le plus fréquemment) de haut grade récidivant présentant des mutations des gènes BRCA1/2 et sensibles au platine, ont été incluses dans cette étude. Ces patientes (n=196) ont reçu le traitement olaparib (300 mg deux fois par jour) jusqu’à progression de la maladie ou pour 99 d’entre elles un traitement par placebo. Le critère principal d’évaluation était la survie sans progression (SSP).

L’analyse intermédiaire de SOLO2 a mis en évidence une amélioration cliniquement significative de la SSP avec l’olaparib par rapport au placebo (médiane 19,1 mois olaparib versus 5,5 mois placebo, HR=0,30, p<0,00001).

Les résultats de l’analyse finale de SOLO2 ont été présentés à ce congrès virtuel de l’ASCO par Dr Andrés Poveda (Valence, Espagne). Cette analyse vient confirmer les premiers résultats de l’étude. En effet, la survie globale médiane des patientes sous olaparib est de 51,7 mois contre 38,8 mois pour le groupe placebo (HR=0,70, p=0,0231). A noter que les patientes du groupe placebo ont reçu a posteriori de l’olaparib. De plus, 47 % des patientes survivent après 60 mois (contre 33 % dans le groupe contrôle), au dépend d’une toxicité essentiellement gastro-intestinale et hématologique qui a conduit à un arrêt du traitement chez 17% des patientes ou une réduction de la dose d’olaparib chez 28 % d’entres elles.

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Références
Poveda A et coll. : A phase III trial assessing survival after maintenance treatment with the PARP inhibitor olaparib in patients with platinum-sensitive, relapsed ovarian cancer and a BRCA mutation. Congrès annuel de la Société Américaine d’Oncologie Clinique (virtuel) : 29-31 mai 2020.

https://www.vidal.fr/Medicament/lynparza-191830.htm

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