Lubrizol et alimentation : des résultats rassurants, une vigilance à maintenir

Rouen, le lundi 2 décembre 2019 – Le gigantesque incendie qui s’est déclaré le 26 septembre dans l’usine chimique Lubrizol, à Rouen, a nécessité la réalisation de centaines de prélèvements afin de mesurer les niveaux de contaminations par différents polluants chimiques. Une attention soutenue a notamment été apportée à l’alimentation, alors qu’immédiatement après l’incendie, des interdictions ont été prononcées afin d’éviter la commercialisation et la consommation des produits qui avaient pu être touchés par la catastrophe.

Des prélèvements multiples et des seuils connus

Ainsi, plus de 600 échantillons alimentaires ont été analysés. Il s’agissait notamment de produits laitiers (lait, lait cru, lait entier, mélange de laits de tank), d’autres productions animales (œufs, miel, poissons d’élevage) et de produits végétaux (légumes feuilles, légumes racines, fruits, aliments pour le bétail), énumère dans un nouvel avis publié en fin de semaine dernière l’Agence nationale de sécurité (ANSES). Les substances recherchées étaient les dioxines et furanes, les PCB, les HAP (Hydrocarbure Aromatique Polycyclique) et les éléments-traces métalliques. S’agissant de produits alimentaires, dans la très grande majorité des cas, des seuils réglementaires sont dûment fixés, permettant de préciser les situations à risque.

Rien de pire qu’ailleurs !

Les résultats apparaissent parfaitement rassurants. Les différentes analyses n’ont en effet « pas mis en évidence de niveau de contamination pouvant conduire à des risques accrus d’exposition par l’alimentation à court terme » relèvent en effet les experts de l’ANSES. Les teneurs mises en évidence sont ainsi « comparables à celles retrouvées dans des échantillons d’aliments prélevés ailleurs en France ». Et si on a pu relever des concentrations en dioxines, furanes et en polychlorobiphényles un peu plus élevées dans les œufs de poules concernées par la trajectoire de la fumée, les seuils en vigueur n’ont pas plus été dépassés. D’une manière générale, l’ANSES précise qu’il n’y a pas de « corrélation évidente entre l’intensité des dépôts et les concentrations des contaminations analysées dans les prélèvements ».

Des analyses à prolonger et à affiner

Pour autant, et alors qu’il est probable que ces éléments rassurants ne parviennent pas totalement à apaiser les inquiétudes exprimées par certains riverains, l’ANSES juge que la vigilance doit être maintenue. Des contaminations à moyen terme ne sont en effet pas impossibles, compte-tenu de la possible accumulation de polluants dans les graisses par certains animaux ou d’une pollution des sols qui pourrait avoir des répercussions tardives sur certaines plantes. Aussi, l’institution préconise-t-elle le maintien d’une surveillance soutenue au moins pendant encore une année. L’ANSES propose par ailleurs « d’élargir la liste des substances à d’autres élément-traces métalliques, aux palatales et aux retardateurs de flamme utilisés par les pompiers ».

Aurélie Haroche

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