Lubrizol : il reste encore beaucoup à découvrir

Rouen, le vendredi 11 octobre 2019 - Des enquêteurs et un magistrat parisien ont perquisitionné hier matin les locaux de l'usine chimique Lubrizol à Rouen et de son voisin Normandie Logistique (NL).

C’est pas moi, c’est lui !

Depuis quelques jours, les deux entreprises se rejettent la responsabilité de l’incendie survenue le 26 septembre.

« On a (...) la quasi certitude que ça ne vient pas de chez nous » a ainsi affirmé jeudi Sylvain Schmitt, président de Normandie Logistique, au cours d'une conférence de presse. « C'est quasi impossible (...) La rapidité avec laquelle les choses se sont produites fait penser à nos experts que ça vient forcément de l'extérieur et violemment », a-t-il ajouté.

Des propos qui contredisent la version du groupe Lubrizol qui s'appuyant sur « la vidéosurveillance et des témoins oculaires » affirme que l'incendie avait vraisemblablement commencé à l'extérieur de son site, laissant penser qu'il venait de Normandie Logistique.  Deux sociétés qui n'étaient pas que voisines. En effet, NL stockait des produits Lubrizol dans ses entrepôts (plus de 4 000 tonnes le jour de l'incendie). Et les deux sociétés étaient en discussion « depuis plusieurs années » en vue de la cession des entrepôts de NL à Lubrizol.

NL n'est d’ailleurs toujours pas en mesure de faire l'inventaire des produits incendiés sur son site le 26 septembre, plaidant des « difficultés techniques ». Les dirigeants de l'entreprise ont cependant assuré qu'ils remettraient la liste aujourd’hui aux autorités.

Reste que Lubrizol a déjà consenti à mettre sur pied un fonds de solidarité, abondé à hauteur de 50 millions d’euros, pour couvrir les pertes subies par tous les agriculteurs et les autres secteurs non agricoles touchés.

Enquête parlementaire

Dans ce contexte, le Sénat a voté à l'unanimité la création d'une commission d'enquête « afin d'évaluer l'intervention des services de l'État dans la gestion des conséquences environnementales, sanitaires et économiques de l'incendie de l'usine Lubrizol ». La commission se penchera aussi sur l'application des règles auxquelles sont soumises les installations classées.

Ses membres seront désignés mercredi. Le groupe LR a également indiqué la semaine dernière que trois « grands cabinets scientifiques » seraient mandatés pour « l’accompagner dans ses travaux ».

L’Assemblée nationale, quant à elle a mis en place une mission d’information, qui a tenu mercredi sa première réunion. « Aux pouvoirs moins élargis qu’une commission d’enquête parlementaire que j’appelais de mes voeux, elle n’en demeure pas moins un instrument qui peut s’avérer efficace si elle se dote des moyens nécessaires » explique Christophe Bouillon (PS), élu de Seine-Maritime. Une adresse mail (transparencelubrizol@gmail.com) a été créée pour permettre « à chacun de pouvoir s’exprimer et de faire remonter les inquiétudes de la population ».

51 cas d’effets indésirables bénins

Sur un plan davantage scientifique, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) propose d’élargir la liste des substances à rechercher aux phtalates et aux retardateurs de flamme utilisés par les pompiers lors de l’extinction de l’incendie.

L’Anses recommande par ailleurs que des prélèvements de sols soient réalisés.

L’Anses a enfin dressé un bilan des appels reçus par les Centre antipoison du 26 au 30 septembre en lien avec l’accident. Au total, 51 cas d’effets indésirables ont été recensés et déclarés bénins.

X.B.

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