Lyme : les tenants des « méthodes alternatives » de nouveau condamnés

Colmar, le jeudi 15 décembre 2016 - La cour d’appel de Colmar a confirmé, ce mercredi, la peine de neuf mois de prison avec sursis pour escroquerie prononcée en première instance à l’encontre de Viviane Schaller. Elle pratiquait, dans son laboratoire d’analyses, un test non homologué de détection de la maladie de Lyme.

Viviane Schaller a été reconnue coupable d’avoir abaissé les seuils de positivité des tests qu’elle pratiquait, ce qu’elle a toujours admis, ce qui, selon la cour d’appel, lui a permis de procéder ensuite à d’autres tests facturés à la Sécurité sociale. Les magistrats ont fustigé des pratiques décidées « de manière parfaitement unilatérale », et sans que l'intéressée n'ait « diffusé ses théories dans le monde scientifique » ce qui aura entraîné un supplément de charge (à hauteur de 280 000 euros qu’elle est sommée de rembourser) pour la caisse d’assurance-maladie.

Elle était poursuivie aux côtés de  Bernard Christophe qui avait mis au point et commercialisé un remède non homologué à base d’huiles essentielles, le Tic Tox, mais il est décédé quatre jours avant le verdict.
Viviane Schaller a annoncé sa volonté de se pourvoir en cassation.

D’autre part, un généraliste de la banlieue lyonnaise a également été condamné en appel cette semaine à quatre mois de suspension ferme par le Conseil de l’Ordre pour « des soins non-conformes aux données actuelles de la science (…) [et] des prescriptions abusives de tests de dépistage de borréliose (…) [et] absence d'adaptation de la thérapeutique aux résultats des tests biologiques ». Pour certains, ces condamnations sont la confirmation d’un refus des autorités médicales françaises de reconnaître la chronicité de la maladie de Lyme et l’insuffisance des tests et traitements officiellement recommandés.

FH

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Vos réactions (1)

  • La politique de la peur

    Le 16 décembre 2016

    Il existe beaucoup d'incertitudes scientifiques concernant la chronicité de la maladie de Lyme et la performance des tests diagnostics. Des travaux scientifiques sont nécessaires pour mettre au point des tests concernant les antigènes des 5 borrélioses responsables, en précisant leurs spécificités, leurs sensibilités et en conséquences leurs rapports de vraisemblance.

    Or c'est à travers les failles de notre ignorance que se glissent les charlatans de tout poil. Les incertitudes de la science ne doivent pas servir de justification à certains profiteurs qui instrumentalisent les souffrances des patients pour s'enrichir à leurs dépens et à ceux de la collectivité. L'hebdomadaire l'Obs surfe sur ces incertitudes en faisant croire à un complot qui consiste à cacher l'existence d'une dangereuse épidémie ("L'épidémie qu'on vous cache") de borréliose.
    La politique de la peur n'a jamais été un gage de bonne pratique comme l'a montré la fausse pandémie de grippe H1N1.

    Dr Alain Siary

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