Mal-logement : des idées pour les municipalités

Paris, le mercredi 25 mars 2020 – Nous avons déjà évoqué dans ces colonnes les difficultés soulevées par la protection des sans-abris (SDF) en cette période d’épidémie. Sur le problème chronique du mal-logement, le 25ème rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre publié récemment propose un bilan préoccupant, avec notamment de plus en plus jeunes et de personnes âgées laissés pour compte.

Mais la Fondation ne fait pas que pointer les dérèglements (social, économique et environnemental) ou dénoncer dysfonctionnements, inertie et mauvaise volonté des pouvoirs publics : elle se veut force de proposition.

Un tiers des ménages n’est composé que d’une personne

Le rapport présente le tableau de bord (les chiffres) du mal-logement en 5 points : absence de domicile personnel (loi DALO peu respectée), difficultés d’accès au logement (62 907 ménages toujours en attente), de maintien dans celui-ci (119 554 expulsions locatives prononcées en 2018), mauvaises conditions d’habitat (600 000 logements indignes en métropole, 110 000 logements insalubres en outre-mer) et enfin blocages des parcours résidentiels et inégalités territoriales (32% des locataires du parc social vivent dans une zone « favorisée », contre 63% des propriétaires).

Aujourd’hui plus d’un ménage français sur trois est composé d’une seule personne, célibataire, séparée, veuve, migrante etc. Sans revenus suffisants, le cercle vicieux créé par l’isolement et le mal logement aboutit souvent à l’exclusion, ce qui doit, selon la Fondation, inciter les politiques (surtout locales) à s’intéresser davantage aux publics isolés et à l’habitat individuel. 

Les solutions existent, monsieur le maire !

Si elle pointe un « laxisme préfectoral » envers des maires récalcitrants à produire du logement social, la Fondation salue en revanche des bonnes pratiques issues d’une prise de conscience des collectivités locales.

A l’intention des maires, le rapport propose 15 axes de travail. On peut engager sa ville dans une démarche « Logement d’abord », en reconnaissant les droits des personnes sans abri : reloger plutôt qu’expulser les personnes vivant en bidonville, offrir de vrais logements -sans discrimination- aux "gens du voyage", devenir une cité refuge pour les migrants. La fondation incite les villes à rattraper le retard du quota HLM (loi SRU), mobiliser le parc privé à vocation sociale, rendre transparente l’attribution de logements sociaux, lutter efficacement contre l’habitat indigne, la précarité énergétique, le non recours au droit pour les mal-logés, les loyers abusifs et à favoriser le foncier solidaire (accession sans spéculation).

Enfin construire des projets de renouvellement urbain avec les habitants et revitaliser les centres-villes pourraient également faire partie de leur programme.

On a des solutions, rappelle la Fondation. Peut-être un peu de temps pour les cogiter, avant le lointain deuxième tour ?

Blandine Esquerre

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