Maladie de la vache folle : la France stérilise tout.

Paris, le 29 octobre 2000 - Le très complet rapport britannique sur l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) n'est pas seulement destiné à pointer du doigt les fautes et les retards coupables du gouvernement de Londres, en ce qui concerne la mise en place de mesures de prévention et de sécurité contre la maladie de la vache folle. Il s'agit également d'un avertissement à tous les Etats touchés par la crise : les interdictions et les réglementations doivent être strictes, précises, et adoptées le plus rapidement possible.
A l'heure ou Lord Nicolas Phillips of Worth Matravers s'apprêtait à publier son enquête qui représente 16 volumes de mises au point et de comptes rendus des 15 dernières années, en France, le comité national de sécurité sanitaire se réunissait. A l'ordre du jour, la transmission du prion par voie sanguine. A l'issue de la réunion, il a été décidé tout d'abord que le comité interministériel sur les encéphalopathies, présidé actuellement par le docteur Dominique Dormont serait chargé au cours des prochaines semaines d'étudier les risque réels de transmission de la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob par le sang. Le comité devrait travailler avec l'appui de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) qui organisera une conférence d'experts sur ce point dès le mois de novembre. La question est évidemment très importante, en ce qui concerne notamment les transfusions et les dons de sang. Plusieurs mesures sont déjà appliquées, comme l'interdiction pour les personnes soufrant d'encéphalopathies ou d'une autre variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob de donner leur sang, mais également le déleucocytage et la nanofiltration systématiques du sang obtenu par don.
On sait qu'aux Etats-Unis le don de sang est refusé s'il provient d'une personne ayant séjourné au cours des dix dernières années dans les îles britanniques, au Canada cette restriction a même été étendue aux personnes ayant voyagées en France. Une telle position aurait pu être adoptée en France, mais Dominique Gillot, secrétaire d'Etat à la Santé et aux Handicapés, s'y était opposée en février dernier et avait déclaré « Entre un risque de pénurie de sang et un risque non avéré de surexposition à l'agent de transmission de la maladie de la « vache folle », nous avons choisi ». Choix Cornélien certes, mais discutable, compte tenu des risques importants, et prouvés lors de récentes études scientifiques. La question se pose aujourd'hui, et le comité national de sécurité sanitaire a en effet émis la possibilité de se ranger à la solution britannique, qui utilise désormais pour fabriquer des médicaments dérivés du sang, le plasma sanguin hhhde personnes résidant dans des pays non touchés par la crise de la vache folle.
D'autre part, le comité sanitaire s'est également penché sur le problème de la stérilisation des appareils médicaux. Ainsi, l'Afssaps devrait superviser et encourager « le contrôle des dispositifs médicaux réutilisables » en assurant une stérilisation maximum. Pour se faire un budget important devrait être consacré à ce programme de désinfection totale.
Enfin, il est également prévu que les colonnes vertébrales des bovins soient désormais classées comme « tissus à risques » et soient de ce fait retirées de la vente à leur tour.
L'avertissement britannique, ou quatre-vingt personnes sont déjà mortes de la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, porte ses fruits.

A.H.

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