Malgré un déficit abyssal, la CNAM ne veut pas d’un tour de vis

Paris, le vendredi 26 juin 2020 – Lourdement impactée par la crise du Covid-19 (31 milliards d’euros de déficit prévus cette année), l’Assurance maladie ne recommande pas pour autant de se lancer dans une grande campagne d’économie dans le domaine de la santé. 

Ainsi, dans son rapport annuel « Charges et produits » qui doit servir à aiguiller les travaux parlementaires et gouvernement aux pour l’élaboration de la loi de financement de la sécurité sociale, elle abaisse nettement le montant des économies attendues pour freiner la hausse des dépenses de santé : 1,07 milliard d’euros en 2021, contre 2,07 milliards visés en 2020.

Une baisse justifiée par « la moindre progression des soins de ville (…) qui se traduira par un effet de base potentiellement favorable ». La caisse estime donc que la baisse d’activité des professionnels de santé libéraux ne sera pas rattrapée d’ici à la fin de l’année.

La ville et l’hôpital épargnés des économies en 2021 ?

Bonne nouvelle donc, la CNAM (Caisse nationale d’assurance maladie) ne veut pas contraindre davantage les libéraux en 2021 à l’exception de l’imagerie.

Elle propose néanmoins quelques pistes d’économie.

Elle préconise ainsi une diminution des dépenses identique à 2020 concernant les transports sanitaires, mais aussi les arrêts de travail et se fixe les mêmes objectifs concernant la répression de la fraude.

Elle entend également poursuivre sa traque des « dépenses inutiles », en particulier « pour favoriser un meilleur usage » de certains types de médicaments (antidiabétiques, anticholestérol, anxiolytiques…). Côté médicaments, si l’Assurance-maladie compte toujours sur les génériques et les biosimilaires pour limiter les coûts, la réduction de la consommation d’antibiotiques ne fait en revanche plus partie de ses priorités.

L'absence de projections d’économies concernant l'hôpital est également flagrante : le développement de la chirurgie ambulatoire a par exemple disparu du programme et aucune préconisation particulière ne concerne telle ou telle prise en charge. Sans doute s’agit-il là de prendre en compte les annonces qui seront faites dans le cadre du Ségur de la santé.

L'Assurance maladie souhaite par ailleurs « poursuivre le déploiement de la télémédecine » en prolongeant jusqu'à fin 2021 la prise en charge à 100% des téléconsultations et en conservant jusqu'à la fin de l'année les règles du "télésoin" pour les paramédicaux, qui devraient normalement être levées "avec la fin de l'état d'urgence sanitaire" le 10 juillet.

Des recommandations peut-être à contre courant des attentes des parlementaires. Ainsi, cette semaine, les sénateurs de la commission des Affaires sociales ont introduit un amendement au projet de loi organique relatif au transfert de la dette sociale, afin d’éviter de nouveaux déficits après 2024, hors « circonstances exceptionnelles ».

X.B.

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Vos réactions (1)

  • Impayable.

    Le 27 juin 2020

    La CNAM, c'est notre Wotan anosognosique. Elle ne voit que par un oeil, celui de la médecine de ville, mais ne le remarque pas, car, bien qu'elle paye aussi pour l'hôpital, elle n'a pas l'oeil dessus. What for ?
    Peut être par coquetterie du reste, elle fait peut être semblant, mais ne s'en formalise pas. N'en savoir que sur la moitié, elle voit pas le problème sans doute. Il n'y a aucune difficulté que l'ignorance profonde ne soigne.
    Ne rien comprendre est, du reste, la seule possibilité si la question est insoluble, comme celle de notre actuel système de santé.

    Dr Gilles Bouquerel

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