Maltraitance des étudiants en santé : brisons l'omerta !

Interview du Dr Valérie Auslender, médecin généraliste attaché au pôle santé de Sciences Po Paris, auteur d'Omerta à l'hôpital. Le livre noir des maltraitances faites aux étudiants en santé. (Editions Michalon). Mars 2017

Longtemps occultée, la maltraitance des étudiants en santé est l’objet d’un ouvrage qui vient de paraître signé du Dr Valérie Auslender, médecin généraliste attaché au pôle santé de Sciences Po.« Omerta à l’hôpital » recense prés de 130 témoignages et regroupe une dizaine d’avis d’experts reconnus. Pour aller plus loin dans la compréhension de ce phénomène révélé au grand jour et participer à « briser l’omerta », le JIM vous propose une interview de son auteur.
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Vos réactions (6)

  • La sélection ne devrait elle pas associer une examen psychologique ?

    Le 02 juin 2017

    Des maltraitance sûres ne peuvent exister que si les maltraitants se sentent protégés et les maltraités non informés des possibilités d'y faire face par l'information, par la formation au savoir être et au savoir faire et enfin par la connaissance de la possibilité de porter plainte.

    Ne faut il pas utiliser avec les étudiants de groupe de paroles ou la souffrance et les faits maltraitants seront verbalisés et connus ? Cela se pratique déjà dans de nombreux services hospitaliers. Faut il le généraliser ? (...).

    De là à faire porter le chapeau au "burn out" syndrome francais pour désigner un état pré dépressif (sans le dire car c'est stigmatisant) il faut vouloir faire du travail hospitalier la seule cause et faire de ce syndrome une maladie professionnelle aux conséquences financières colossales. Ce projet est d'ailleurs porté par des politiques.

    Quant à faire des notes du bac (lequel ? Tous ?) un meilleur critère de sélection qu'un concours basé sur des matières medico-biologico-humanistes (à rajouter ?) l'avantage n'est pas évident !

    Enfin la sélection ne devrait elle pas associer une examen psychologique ? Comme l'avait souhaité le ministre des universités Edgar Faure! Certaines personnalités ne sont peut être pas adaptées aux professions médicales. Reste que nos candidats sont encore jeunes !

    Dr Lucien Duclaud

  • Un examen psychologique de qui ?

    Le 02 juin 2017

    "Des maltraitance sûres ne peuvent exister que si les maltraitants se sentent protégés et les maltraités non informés des possibilités d'y faire face par l'information, par la formation au savoir être et au savoir faire et enfin par la connaissance de la possibilité de porter plainte."

    Je rajouterais "avec l'absence de conséquences sur leur devenir professionnel (la double peine), l'absence de perte de prime pour absentéisme dans la FPH (la triple peine), l'absence de la culpabilisation de retour d'un arrêt "Vous, vous vous arretez... Pauvre choute ! Et le boulot que vous reportez sur vos collègues, vous y avez pensez ? Vous allez me surmenez l'équipe !"...
    Ou encore, quand il sera clair que l'auteur(e) d'un crime psychologique sera enfin puni sans aucune concession, comme pour un crime contre l'humanité parce que c'est de cela qu'il s'agit...
    Alors là, et seulement alors, la victime pourra trouver le souffle d'entrevoir et peut-être d'atteindre une sortie de son enfer...

    Quand à l'examen psychologique, de la poule et de l'oeuf, comment faire la différence ? Une dépression est la cause ou la conséquence de la situation ? C'est parce qu'il est dépressif qu'on le persécute ou il est dépressif parce qu'on le perscute ? (Il avait des problèmes personnels...) Il devient parano parce qu'il est perscuté ou dit être persécuté parce qu'il est parano ? Comment voyez-vous la chose Dr Duclos ? Dans tous les cas, je prône un examen psychiatrique aussi pour l'auteur lorsqu'il s'agit d'un traumatisme psychologique pour la victime !

    Burn-out, Dépression, quelle différence ont ces vocables pour celui, celle qui le vit ? L'enfer au quotidien, ça porte quel nom dans le monde du travail ? ça n'en porte pas... c'est emblématique, non ?

    Charlaine Durand

  • La poule et l'œuf

    Le 02 juin 2017

    Merci de votre question chère consoeur. Mais vouloir réduire l'étiologie de la dépression (ou du burn out si vous le preferez, ou de la fibromyalgie? Ou de la spasmophilie ? Ou de la dystonie neuro-vegetative ?) à une seule cause, comme la poule et l'œuf, est,je le crains, un peu trop simpliste.

    La clinique apprend qu'il y a toujours plusieurs facteurs. Mais en psy, le facteur déclenchant , ne peut habituellement, déclencher que ce qui est déjà enclenché. Autrement dit la structure de la personnalité compte pour beaucoup dans la décompensation...dépressive. C'est cette structure que la sélection permettrait de mettre en évidence.

    Je soutiens totalement toutes les précautions utiles à la protection des maltraités et à la punition dès maltraiteurs.

    Dr Lucien Duclaud

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