Manifestations dermatologiques liées au virus Zika, l’expérience des Antilles françaises

L’infection à virus Zika a d’abord été identifiée au Brésil et sa sévérité tient aux risques de complications neurologiques gravissimes chez les enfants à naître, lorsque les femmes enceintes sont touchées, mais aussi chez les adultes infectés.

Une étude prospective a été conduite au CHU de Pointe-à-Pitre entre février et avril 2016. Les dermatologues hospitaliers et libéraux ont diagnostiqué 87 cas consécutifs d’exanthèmes liés au virus Zika, dont 60 ont été confirmés par RT PCR. Il s’agissait de 31 adultes et de 29 enfants d’origine ethnique différente afro-caribéenne dans 30 cas, « caucasienne » dans 27 cas et  asiatique dans 3 cas.

L’exanthème observé occupait une surface cutanée moyenne de 45 % avec une atteinte préférentielle du visage, des membres supérieurs, du tronc puis de l’abdomen et des membres inférieurs. L’atteinte palmo-plantaire n’était observée que dans 13 à 30 % des cas. L’exanthème était micro-papuleux, l’évolution descendante et le prurit était fréquent puisqu’observé dans 82 % des cas. Sa sévérité était telle qu’on notait une consultation liée au  prurit dans 43 % des cas et la présence d’insomnies lié à ce prurit dans 20 % des cas.

En dehors de ces manifestations dermatologiques, la fièvre était notée dans 43 % des observations et on constatait également fréquemment une hyperémie conjonctivale et un œdème des extrémités.  D’autres  manifestations traduisant une atteinte du système nerveux parasympathique comme des phénomènes de bouche sèche, d’intolérance à la chaleur, des troubles de la sudation et une incontinence urinaire étaient présents dans 52 % des cas.

L’infection à virus Zika se manifeste donc fréquemment par des signes dermatologiques, cette série de patients le prouve. L’atteinte des petites fibres nerveuses liée à ce virus, comme dans d’autres arboviroses, expliquerait le prurit sévère fréquemment observé.

Dr Patrice Plantin

Référence
Cordel N et coll. : Main caracteristics of Zika virus exanthema in Guadeloupe. JAMA Dermatol 2017 ;153 :326-8. doi: 10.1001/jamadermatol.2016.5442.

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