Marche à suivre face à la pénurie de mitomycine

Paris, le mercredi 6 novembre – La France est confrontée à une nouvelle pénurie de médicaments qui rappelle la gravité de cette problématique et le fait qu’elle ne concerne pas que des spécialités facilement substituables ou d’intérêt thérapeutique réduit.

Les patients traités par mitomycine, une substance antinéoplasique et antibiotique extraite du Streptomyces caespitosus, utilisée dans la prise en charge des cancers colorectaux, de l’estomac, du pancréas, du sein et de la vessie, délivrée dans les pharmacies hospitalières, sont ainsi victimes d’une rupture de stock.

Aussi, début octobre, dans l’urgence, l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) a délivré une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour la spécialité à base de mitomycine C du laboratoire Medac afin de répondre à l’indisponibilité de la spécialité Ametycine 40mg de Kyowa, qui a fait l’objet d’un rappel par précaution. Cette nouvelle spécialité sera disponible de façon continue sur le marché français à partir du début de 2020 et en attendant des unités de Mitomycin 40mg Medac vont être importées des pays scandinaves et mises à disposition des médecins.

Conditions d’utilisation drastiques

Dans ce contexte, l’ANSM ne peut qu’enjoindre les médecins à sélectionner les patients qui bénéficieront du traitement, à rationner les doses et à éviter tout gâchis.

Ainsi l’agence recommande, compte tenu des quantités limitées disponibles, d’être particulièrement vigilants afin d’éviter toute erreur lors de la prescription, la dispensation, la reconstitution et l’administration du traitement importé.

Le médicament scandinave est conditionné en flacon de 40 mg de poudre de mitomycine C dans un flacon de 50 ml, à reconstituer avant administration avec 40 ml de solvant pour obtenir une concentration de 1 mg/ml. Aussi, l’ANSM recommande que « l’utilisation d’un flacon [soit] optimisée : un flacon peut ainsi être réparti dans plusieurs préparations destinées à différents patients, notamment pour le traitement du cancer du canal anal et la chirurgie du glaucome », L'agence incite ainsi les professionnels de santé à regrouper les patients pour les administrations afin de traiter le maximum de personnes grâce à un seul flacon.

A titre exceptionnel et transitoire, l’ANSM recommande également que le médicament soit réservé aux indications prioritaires suivantes : cancer de la vessie chez les patients ne pouvant recevoir d’épirubicine, cancer localement avancé du canal anal et chirurgie du glaucome.

F.H.

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