Médecins roumains : should I stay or should I go ?

Londres, le lundi 29 avril 2019 - Depuis plus de 10 ans, des milliers de médecins roumains ont quitté leur pays pour exercer dans le reste de l’Union Européenne et notamment en France et au Royaume-Uni. A l’heure du Brexit et alors que la Roumanie se développe de plus en plus, certains, hésitants, s’interrogent sur l’opportunité d’un retour.

Après 8 ans de bons et loyaux services au Royaume-Uni, Horatiu Ioani, praticien roumain, a décidé de revenir au pays. « J’ai pensé être plus utile en Roumanie », explique le neurochirurgien, qui exerce désormais à l’hôpital Colentina de Bucarest. Comme lui, de nombreux médecins roumains exilés en Angleterre ou dans d’autres pays de l’Union Européenne décident de revenir exercer dans leur pays d’origine.

Manque de considération et corruption

Depuis 2007 et l’entrée de la Roumanie dans l’Union, ce sont plus de 14 000 professionnels de santé qui ont quitté la Roumanie pour s’installer dans d’autres pays européens. Ces médecins recherchent de meilleurs salaires et de meilleures conditions de vie et d’exercice de la médecine, mais pas seulement. Les médecins roumains dénoncent aussi le manque de considération et la corruption qui règne dans leur pays. « En Angleterre, les personnels de santé sont appréciés et vus comme des gens prêts à se sacrifier pour le bien des autres » explique Adriana Silisteanu, une infirmière installée à Londres depuis 10 ans. « En Roumanie, les jeunes praticiens n’ont même pas le droit à une opinion ».

Aujourd’hui, le développement économique de la Roumanie, qui reste un des pays les plus pauvres de l’Union mais aussi l’approche du Brexit (4 500 praticiens roumains exercent outre-manche) pourraient tarir le flux de l’exode et créer un mouvement de retour au pays. Si en 2016, 80% des étudiants en médecine roumains affirmaient vouloir quitter leur pays à la fin de leur cursus, le mouvement faiblit selon les autorités. Le gouvernement roumain fait en tout cas tout pour éviter cette fuite des cerveaux et remédier à la désertification médicale, le pays comptant l’une des plus faibles densités médicales de l’Union (58 000 médecins pour 19 millions d’habitants). Début 2018, les autorités ont ainsi doublé les salaires dans le secteur publique hospitalier.

La France est également l’une des principales terres d’accueil de ces médecins roumains exilés. Ces médecins étrangers sont même parfois le seul moyen de remédier à la désertification médicale. Ainsi, selon un rapport du conseil national de l’ordre des médecins, 45% des médecins qui se sont récemment installés en Corrèze ont obtenu leur diplôme à l’étranger. 

Quentin Haroche

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