Mediator : la justice trop conciliante à l’égard de l’ANSM ?

Paris, le vendredi 10 mars 2017 - L'enquête concernant le scandale du Mediator serait « tronquée », d'après le quotidien le Figaro, qui a eu accès à des scellés qui révèleraient que « l'enquête judiciaire [...] a été faite dans un but : dédouaner les autorités sanitaires et politiques ».

Rappelons que le 13 décembre 2010, une enquête préliminaire était ouverte concernant le Mediator. Les 7 et 8 février 2011, des perquisitions ont eu lieu au siège des laboratoires Servier, avant que le 18 février, le parquet nomme trois juges pour instruire des chefs d’accusation de tromperie, d’homicides et de blessures involontaires.

Les 8, 9 et 10 juin 2011, les enquêteurs de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique, ceux de la Direction nationale des investigations financières et les magistrats instructeurs perquisitionnaient une nouvelle fois au siège du groupe pharmaceutique, dans certaines de ses filiales et au domicile de son président-fondateur.

Enfin, ce n’est que le 2 février 2012 que les magistrats se rendent à l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé) et au domicile de certains de ses cadres.

Police et justice aux bons soins de l’ANSM ?

Des écoutes téléphoniques mettraient en évidence, selon le Figaro, que trois cadres de l’ANSM et son président de l’époque, Dominique Maraninchi se doutaient fortement de l’imminence de cette procédure.

De fait, le 30 janvier 2012, Dominique Maraninchi a été entendu par les enquêteurs. Or, selon les procès verbaux d’audition, les précisions qu’il doit alors fournir sont quelque peu étonnantes : à cinq reprises, il lui est demandé où sont situés tels et tels bureaux et où sont archivés les documents concernant les autorisations de mise sur le marché, alors qu’habituellement, ces types de détails sont recherchés sur les lieux de perquisitions, notamment pour éviter toute dissimulation préalable.

Les écoutes révèleraient également que les responsables de l’agence ont pu constater la piètre qualité des investigations menées le 2 février : ainsi un des cadres de l’ANSM remarque que sur les 1000 courriels traitant du Mediator, seuls trois ont été récupérés par les policiers !

Cependant, malgré toutes les informations contenues dans ces écoutes téléphoniques, les enquêteurs les auraient considérées comme non concluantes…

F.H.

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