Mélanome : on reparle du vilain petit canard

JJ Grob et JJ Bonerandi ont introduit en 1998 le concept du « vilain petit canard » pour le dépistage clinique des lésions pigmentaires à risque d’être malignes. Ce concept simple repose sur une analyse instantanée du revêtement cutané d’un patient donné et sur la détection de la ou des lésions qui ne ressemblent pas aux autres et qui seraient donc davantage susceptibles d’être malignes.

Des équipes européennes et nord-américaines ont donc ré-évalué ce concept à partir de photographies réalisées chez 34 patients qui ont été examinés par 8 experts des lésions naeviques, 13 dermatologistes, 5 infirmières en dermatologie et 8 professionnels de santé non-médecin.

Le vilain petit canard était confirmé en tant que tel quand il était reconnu par les 2/3 des participants. La sensibilité de la méthode a été définie comme la fraction de lésions pigmentées identifiée comme réellement des mélanomes. Les résultats sont assez parlants puisque les 5 mélanomes identifiés histologiquement chez les patients photographiés ont été reconnus comme vilain petit canard et seulement 3 des 140 lésions bénignes photographiées.

Le vilain petit canard constitue donc, à la lumière de cette étude, un signe en faveur du diagnostic clinique de mélanome pour 90 % de l’ensemble des examinateurs, 100 % des experts, 89 % des dermatologistes, 88 % des infirmières et 85 % des observateurs non cliniciens. La bonne sensibilité de cette technique diagnostique, aussi bien chez les spécialistes des tumeurs pigmentées que chez des non spécialistes ou des non médecins, rend le concept de « vilain petit canard » efficient pour le diagnostic des tumeurs pigmentées malignes.

Dr Patrice Plantin

Références
Scope A et coll. The « ugly duckling » sign : agreement between observers.
Arch Dermatol 2008 ;144 : 58-64

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