Même si l’on survit à un IDM avec choc ou arrêt cardiaque, le pronostic reste sombre

Vallabhajosyula et coll. ont tenté d’évaluer, dans une étude rétrospective sur dossiers, la mortalité et les événements cardiovasculaires majeurs survenus, à long terme, dans les suites d’un arrêt cardiaque (AC) ou d’un choc cardiogénique (CC) ayant compliqué un infarctus du myocarde (IDM) aigu. Les patients qui avaient été hospitalisés pour un IDM aigu entre 2010 et 2018 ont été stratifiés en fonction de la présence : d’un AC + CC ; d’un AC seul ; d’un CC seul ; ou d’un IDM seul.

Les critères principaux étaient : mortalité et événements cardiovasculaires majeurs (décès, IDM, accident cérébro-vasculaire, revascularisation non programmée) ; ils ont été examinés chez les patients qui avaient survécu à l’IDM.

L’analyse a finalement porté sur 163 071 patients victimes d’un IDM ; l’IDM s’était compliqué d’un AC + CC chez 2,4 % d’entre eux ; d’un AC seul chez 5, 0% et d’un CC seul chez 4,0 %.

Les patients qui avaient fait un AC + CC ont présenté le taux le plus élevé de défaillance pluri-viscérale ; ils ont nécessité davantage de recours à une assistance circulatoire mécanique ; ils ont moins souvent bénéficié de la réalisation d’une coronarographie.

Pendant la phase hospitalière, 10 686 (6,6 %) patients sont décédés ; 48,8 % d’entre eux avaient présenté un AC + CC ; 35,9 % un AC seul ; 24,1 % un CC seul et 2,9 % un IDM seul (p < 0,001).

Mortalité toutes causes et cardiovasculaire plus élevée après la sortie de l’hôpital

Lors d’un suivi de 23,5 ± 21,7 mois après la sortie de l’hôpital, comparés aux patients qui avaient fait « seulement » un IDM, la mortalité de toute cause a été plus élevée chez ceux qui avaient présenté un AC + CC (hazard ratio [HR] 1,36 ; intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,19 à 1,55), un AC seul (HR 1,16 ; IC 95 % : 1,08 à 1,25), un CC seul (HR 1,39 ; IC 95 % : 1,29 à 1,50) (tous p < 0,001).

La présence d’un CC soit isolé (HR 1,22 ; IC 95 % : 1,16 à 1,29 ; p < 0,001) soit associé à un AC (HR 1,18 ; IC 95 % : 1,07 à 1,29 ; p < 0,001), a été associée à un taux plus élevé d’événements cardiovasculaires majeurs qu’en cas d’IDM non compliqué.

Lors de l’hospitalisation initiale d’un IDM aigu, la survenue d’un AC + CC, d’un AC ou d’un CC obère la survie à long terme des patients. Ainsi, à la phase aiguë d’un IDM, la présence d’un CA ou d’un CS continue d’influencer défavorablement, bien au-delà de l’hospitalisation initiale, le devenir des patients qui ont survécu à l’accident cardiaque.

Dr Robert Haïat

Référence
Vallabhajosyula S et coll. : Long-Term Outcomes of Acute Myocardial Infarction With Concomitant Cardiogenic Shock and Cardiac Arrest. Am J Cardiol 2020 ; 133 : 15-22.

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