Miami-Idlib (sur l’air de Manhattan-Kaboul)

Miami, le samedi 22 décembre 2018 – Le monde compte des milliers de destinées parallèles. Ce sont des vies qui se répondent, au-delà des différences technologiques, des abysses de l’argent, des conditions d’existence radicalement différentes. D’un état richissime à un pays confronté au dénuement le plus total lié à la guerre, un homme et une petite fille peuvent se faire échos, par le simple fait de vouloir se tenir debout.

Quelques mètres essentiels

Le 7 novembre 2015, Aldo Amenta, un jeune homme d’origine vénézuélienne poursuivant des études de génie électrique à Miami, plonge dans une piscine où l’eau manque de profondeur. L’accident est très grave : présentant un pneumothorax, le jeune homme doit être réanimé à deux reprises en raison d’un arrêt cardiaque. Quand il finir par émerger d’un coma de deux semaines, Aldo Amenta apprend qu’il est paraplégique. Qu’il s’agisse de se résoudre à ne jamais plus pouvoir marcher ou à abandonner ses études, Aldo Amenta s’y refuse. Menacé d’expulsion en raison de son absence de suivi de ses cours pendant plusieurs mois, Aldo Amenta obtient de son université la possibilité de rattraper son retard. Largement soutenu par les étudiants de sa faculté, Aldo Amenta ne se contente pas de sillonner le campus dans son fauteuil roulant. Parallèlement à sa formation, il s’entraîne chaque jour patiemment pour pouvoir maîtriser un exosquelette. Et le 9 décembre dernier, Aldo a pu réaliser son rêve de recevoir debout son premier diplôme. Devant le regard incrédule de plusieurs de ses amis, sa toge d’étudiant sanglée dans un appareil digne d’un film de science-fiction, Aldo a franchi les quelques mètres de la scène et a été chaleureusement félicité par ses pairs et professeurs. L’université de Floride a immédiatement mis en avant cet exemple de ténacité. Aujourd’hui Aldo est déterminé à poursuivre ses études et espère que son cas pourra servir d’exemple pour d’autres personnes handicapées.

 

 

Un voyage crucial

De l’autre côté de la planète, Maya joue dans le sable devant la tente où elle vit au sein du camp de Serjilla en Syrie avec sa famille. L’enfant, atteinte d’une malformation congénitale grave, est née sans membres inférieurs. La guerre l’a jetée là, dans ce décor de poussière où les malheurs s’enchaînent. Pourtant, c’est ici que sa vie va basculer et être transformée de façon inattendue. Repérée par des "humanitaires", l’enfant a été envoyée en Turquie afin de pouvoir être examinée par des orthopédistes. Des prothèses sur mesure ont été conçues pour Maya, ainsi que pour son père qui souffre de la même malformation. Mais la petite fille a rapidement dépassé son ainé : en quelques semaines, celle qui parfois se déplaçait juchée sur des boîtes de conserve, attèles de fortune fabriquées par son père, maîtrise désormais presque parfaitement ses nouvelles prothèses, quand son père éprouve plus de difficultés. Si elle a pu d’abord être un peu effrayée de la hauteur soudaine qu’elle a acquise, elle apprécie désormais de pouvoir prendre part aux jeux des autres enfants du camp.

Leçons universelles à la mode 3.0

Chacun à leur bout du monde, de Miami à Idlib, Aldo et Maya sont aujourd’hui connus sur toute la planète. D’Instagram à Twitter, de Facebook à Google, leur visage a été diffusé partout comme les symboles du courage de certains pour renverser une destinée funeste. Un message que beaucoup aimeront à savourer en cette période tout à la fois de fête et de détresse.

Aurélie Haroche

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