Midazolam : le ministre de la Santé organise un accès facilité en ville

Paris, le mardi 11 février 2020 - Tous les jours, les professionnels de santé et leurs syndicats sont confrontés à la difficulté de faire entendre leur point de vue sur l’organisation des soins aux pouvoirs publics. Ils se heurtent régulièrement à certaines limites voire absurdités administratives qui parfois les empêchent de mettre en place les prises en charge les plus adaptées. Dans certains cas, l’absence de réponses ou les refus des pouvoirs publics sont fondés sur la nécessité de protéger la santé publique ou s’expliquent par des impératifs budgétaires. Dans d’autres, une certaine forme d’incompétence voire de dogmatisme peut être déplorée.

Parcours sécurisé

Il est cependant des situations où le dialogue est possible, un dialogue constructif et rapide. C’est, semble-t-il le cas de la question de l’accessibilité en médecine de ville des médicaments permettant la mise en œuvre de sédations profondes. Le ministre de la Santé a en effet annoncé hier qu’elle « permettra d’ici quatre mois la dispensation en ville du midazolam injectable aux médecins qui prennent en charge des patients en fin de vie à leur domicile ». Agnès Buzyn prend ainsi acte, avec une rapidité rare, des recommandations publiées hier par la Haute autorité de Santé (HAS). Le communiqué du ministère précise la démarche qui sera suivie : une modification de l’Autorisation de mise sur le marché (AMM) va être détaillée par l’Agence nationale de sécurité du médicament. Cependant, cette évolution sera encadrée par des dispositifs spécifiques afin de ne pas laisser seuls les médecins de ville face à ces situations très complexes. Ainsi, le ministre de la Santé entend définir « un parcours sécurisé prévoyant notamment, pour les situations nécessitant une démarche collégiale, l’obligation pour le prescripteur de passer convention avec une équipe mobile ou un service hospitalier de soins palliatifs afin de garantir la collégialité de la décision ainsi que l’accompagnement et le suivi des patients ». Si cette mesure apparaît indispensable pour éviter l’isolement des praticiens et les situations limites, il est possible qu’elle suscite quelques réserves de la part de ceux qui attendaient une liberté sans entraves.

Alerte de la FMF

Le ministre de la santé se félicite de l’adoption de cette mesure qui répond à un enjeu de société à l’heure où quatre français sur dix décèdent chez eux ou en EHPAD. Agnès Buzyn a par ailleurs annoncé que les prochains jours seront marqués par la publication « du rapport d’évaluation du plan national 2015-2018 pour le développement des soins palliatifs et l’accompagnement en fin de vie réalisé par l’Inspection générale des affaires sociale (IGAS) » et de la désignation de deux personnalités chargées d’élaborer un nouveau plan de développement des soins palliatifs et d’accompagnement de la fin de vie. Rappelons que les difficultés entraînées par les restrictions d’accès au mizadolam en ville (à l’exception de la procédure de rétrocession par les pharmacies à usage intérieur hospitalières) avaient été révélées au grand jour par la mise en examen début décembre d’un médecin d’Angerville-la-Martel (Seine-Maritime) pour « administration de substances nuisibles ayant entrainé la mort sans intention de la donner sur personne vulnérable ». Le praticien était accusé d’avoir administré du midazolam à plusieurs de ses patients, provoquant la mort de cinq d’entre eux.

Cette procédure judiciaire a conduit de nombreuses voix, au sein notamment la Fédération des médecins de France à afficher un soutien clair au médecin et à revendiquer une meilleure reconnaissance de l’implication des généralistes de ville dans l’accompagnement de la fin de vie.

Léa Crébat

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Vos réactions (1)

  • Le Midazolam ou Dormicum n'a aucun nintérêt en fin de vie

    Le 11 février 2020

    En Belgique, nous avions à notre disposition le Midazolam sous le nom du Dormicum. Très utile pour faire des endoscopies, des ponctions médullaires ou pour donner un coup de bistouri dans une thromboses sus-hémorroïdaire.

    Il ne nous serait jamais venu à l'idée de l'utiliser dans le traitement de patients en fin de vie, car comme on le dit en Amérique du Nord, il s'agit d'un "minor tranquillizer. Pour ces patients, il fallait faire appel à un "major tranquillizer", dérivés de "droite" selon la classification du professeur Bobon de Liège. Parmi ceux-là, le Nozinan en gouttes était d'administration facile par le patient en fonction de ses douleurs. Comme tous les neuroleptiques de ce type, ils potentialisent les dérivés morphiniques comme le Fentanyl, en micro-gouttes à l'hôpital ou en patchs à domicile.

    Le midazolam n'a aucun intérêt pour les anesthésistes qui préfèrent le Diprivan avec lequel les patients se réveillent rapidement.

    En conclusion, le midazolam n'a aucun intérêt dans le traitement des patients en fin de vie, pas plus que la morphine, tellement moins puissante que le Fentanyl.

    Mais osez dire du mal des benzodiazépines en France est considéré comme un crime de lèse-majesté. Et, pourtant ces médicaments sont responsables de dépressions et de suicides. Mais, là aussi, c'est interdit de le dire. Entre 30 et 50 % des Français sont intoxiqués par ce qu'il faut considérer comme une drogue.

    Demandez l'avais à ce sujet au Professeur Patrick Lemoine de 69330 Meyzieu.

    Dr Guy Roche, ancien interniste







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