Mieux comprendre l’opposition à la vaccination permettra-t-il de mieux la combattre ?

Paris, le mercredi 13 février 2019 – L’opposition aux vaccinations a été considérée par l’Organisation mondiale de Santé (OMS) comme l’une des dix menaces qui pèse aujourd’hui sur la santé mondiale. Ce constat est partagé par ceux qui s’alarment qu’un Français sur deux est convaincu qu’il existe une entente entre le gouvernement et l’industrie pharmaceutique pour cacher la dangerosité des vaccins. Sa pertinence ne peut être par ailleurs que reconnue quand on observe la multiplication des foyers de rougeole à travers le monde.

De la variolisation à nos jours : rien n’a changé !

S’il n’est pas le plus meurtrier, l’anti-vaccination est probablement de tous les fléaux qui préoccupent l’OMS l’un des plus difficile à combattre. Certains pays ont fait le choix de recourir à l’obligation ce qui constitue une arme radicale mais ne permet probablement pas complètement de faire reculer en profondeur la défiance. D’autres veulent croire qu’une meilleure connaissance des mouvements anti vaccination permettra de mieux lutter contre eux. Dans cette perspective, on lira avec attention l’ouvrage de Françoise Salvadori et Laurent-Henri Vignaud. Cette virologue et cet historien des sciences signent à un livre qui retrace l’histoire des ligues opposées à la vaccination du XVIIIème siècle à nos jours.

Leur ouvrage permet de constater qu’en dépit de l’amélioration des vaccins et de nombreux bouleversements techniques et sociétaux, les fondements de la défiance vis-à-vis de la vaccination demeurent semblables. Les arguments religieux ont d’abord une importance majeure : hier il s’agissait de refuser de contrarier les projets de Dieu, aujourd’hui on assiste à une glorification de la Nature, qui peut se révéler proche. A ce premier type d’arguments, s’ajoute souvent un discours libertaire : le refus de la vaccination révèle un rejet de l’autorité.

La pureté avant la protection

Ces éléments bien analysés dans l’ouvrage de Salvadori et Vignaud sont confortés par les résultats de certaines études sociologiques et psychologiques conduites auprès de familles opposées à la vaccination. Une étude récemment rappelée par le site Slate.fr, publiée dans Nature Human Behavior fin 2017 avait ainsi tenté de préciser les ressorts psychologiques du refus de vaccination. Les auteurs avaient pu constater notamment que les familles hésitantes présentaient plus souvent des présupposés moraux marqués par les notions de "pureté", de "propreté"  et par la peur de la "contamination" (sous différentes formes) que les familles s'opposant plus frontalement à la vaccination. Chez les plus farouchement hostiles ce sur investissement pour la "pureté/propreté" se doublait d’une importance marquée pour les concepts de liberté et d’oppression. Par ailleurs, les auteurs avaient noté que tant les parents hésitants que les plus hostiles ne paraissaient guère influencés par les notions de "protection et de nuisance". Aussi, le rôle social de la vaccination permettant de protéger une communauté entière n’a guère d’incidence sur leur comportement. Éclairant sur les ressorts psychologiques du rejet de la vaccination, cette étude, tout comme l’ouvrage des chercheurs français, révèlent que l’anti vaccination répond à des réflexes d’abord émotionnels avant d’être intellectuels, ce qui rend particulièrement difficile toute entreprise pédagogique et politique contre elle.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (7)

  • Gestion de crise

    Le 14 février 2019

    La vaccination est bien en crise ?
    Crise de confiance... Comme en politique.
    Une crise se gère, c'est même un métier.
    Or tous les spécialistes vous le diront et osent même l'écrire, il y a un maître mot : transparence. De quoi redonner la confiance, "On ne nous ment pas, donc on peut s'informer et décider".

    Mais depuis quarante ans ( et plus), c'est le contraire.
    Combien de spécialistes, de "médecins fonctionnaires" ont affirmé que la vaccination anti-variolique n'avait aucun effet secondaire ? Que les rares cas, "On ne peut pas formellement établir un lien", "Rien ne prouve que...". Les rares études étaient Secret Défense et même encore récemment d'autres disparaissaient mystérieusement du Web, trente cinq ans après l'arrêt de la vaccination obligatoire... Délai de "prescription" ?
    En voici une qui peut donner à réfléchir...
    http://www.infectiologie.com/UserFiles/File/medias/_documents/BT/vaccin%20variole.PDF
    Bien sûr la protection de la population est essentielle, mais à quel prix pour les victimes ?
    Et surtout au prix de quel déni ?

    Transparence !
    La voiture tue, tout le monde le sait, on a les chiffres et il ne viendrait à l'idée d'aucun constructeur de le nier, même si ce n'est pas (et de moins en moins) de leur faute.
    Un vaccin tuait, handicapait gravement. Les labos et l'Etat l'ont toujours nié.

    Un peu comme en politique, la confiance ne reviendra qu'avec l'honnêteté, la probité et une transparence totale.

    Dominique Barbelet

  • Transparence!

    Le 17 février 2019

    Je suis entièrement d’accord avec M Barbelet ... les nombreux complications et effets secondaires des vaccins sont niés et cachés par les laboratoires et les autorités de Santé. Transparence, transparence et transparence (clinique et financière !).

    Dr Alberto Dominguez

  • Techniques de lobbying

    Le 17 février 2019

    Décidément, les stratégies sont toujours les mêmes. Toujours les mêmes que celles utilisées par les lobbies pollueurs. On ne peut donner d'arguments scientifiques alors, on tente de discréditer les opposants en les traitant d'obscurantistes sectaires, d'illuminés.

    -Qu'on nous fasse des études INDÉPENDANTES sur la nocivité de l'aluminium.

    -Qu'on nous prouve que les vaccinations simultanées multiples ne sont pas plus nocives que les anciens DTPolio éprouvés. Je suis bien certain qu'on trouverait des personnes qui font aveuglément confiance et qui seraient d'accord pour participer à une expérimentation avant de généraliser l'obligation.

    Si les résultats s'avèrent rassurants, il restera certainement des opposants irréductibles mais une grande partie des opposants baissera les armes.
    Mais il faut pour cela de la transparence, pas de précipitation à lancer brutalement des produits nouveaux sans expérimentation et sous contrainte.

    Dr Joël Delannoy

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