Mois sans tabac : vers de nouveaux horizons en 2020

Paris, le mercredi 4 décembre 2019 – L’édition 2019 du Mois sans tabac a été précédée par la diffusion d’informations préoccupantes émanant des États-Unis, concernant la multiplication d’atteintes pulmonaires sévères chez de jeunes vapoteurs (le plus souvent non-fumeurs et non anciens-fumeurs) ayant eu recours à des liquides trafiqués. Bien que l’implication de produits modifiés apparaisse certaine dans la grande majorité des cas, cette alerte a néanmoins jeté le trouble vis-à-vis d’une des méthodes d’aide à l’arrêt du tabac les plus populaires aujourd’hui. Il n’était donc pas exagéré de redouter que ce climat puisse avoir un impact négatif sur les velléités de sevrage.

Communication maîtrisée autour d’un rendez-vous attendu

Cependant, grâce à une communication maîtrisée, notamment sur le JIM à travers l’interview du docteur Anne-Laurence Le Faou, présidente de la Société francophone de tabacologie, qui a tenu à rappeler l’importance de la vigilance tout en invitant à ne pas diaboliser (et à ne pas plus idéaliser) la cigarette électronique comme outil de sevrage, le message du Mois sans tabac a pu éviter d’être perturbé par ce contexte complexe. Les premiers chiffres sur la visibilité de l’opération rendus publics cette semaine par Santé publique France (SPF) témoignent en effet une nouvelle fois de sa popularité. Pour SPF, il ne fait aucun doute que l’opération est désormais devenue un « rendez-vous (…) incontournable dans l’agenda des Français ».

Tous les indicateurs en progression (ou presque)

Ainsi, avant le mois de novembre et au cours de ce dernier, l’application d’e-coaching proposée par l’Assurance maladie, avec le concours de la Société francophone de tabacologie a été téléchargée plus de 128 000 fois (contre 66 613 lors de la première édition en 2016 et 86 000 en 2018). De la même manière, le nombre de personnes ayant eu recours à la ligne d’accompagnement téléphonique Tabac info service a légèrement progressé, passant de 21 000 appels au 3989 en 2018 à 22 700 en 2019. La présence de la campagne sur les réseaux sociaux s’accroît également : la page Facebook Tabac Info Service de #MoisSansTabac a ainsi réuni 126 800 fans, contre 118 000 il y a un an. Sur Twitter, l’engouement a également augmenté, de 4 900 followers à 5 600 aujourd’hui. On relève encore que le nombre de kits d’aide à l’arrêt distribués à atteint 700 000, contre 620 000 la première année, confirmant l’implication de plus en plus soutenue des professionnels de santé. Conséquence inévitable du rôle joué par les plateformes internet, les inscrits étaient plus souvent âgés de 25 à 34 ans qu’au-delà. Seul point faible : 203 892 personnes se sont inscrites sur le site dédié à l’évènement contre 241 000 en 2018, ce qui est peut-être l’effet de la place plus importante de Facebook.

Sur internet et dans la vraie vie

Mais le programme ne s’arrête pas aux frontières du web. Partout, dans les villes, les maisons de santé, les centres de soins, des opérations spécifiques ont été organisées. Ces communautés, qu’elles soient virtuelles ou réelles, jouent leur rôle d’émulateurs auprès de fumeurs qui sont nombreux à se sentir encouragés dans leur effort par le caractère participatif et collectif du programme. Parfois, les initiatives sont également poétiques et philosophiques comme au sein du service de soins de suite et de réadaptation en addictologie (SSRA) de la polyclinique de Deauville. Les patients ont mis à profit le Mois sans tabac pour réaliser un gigantesque collage en utilisant plus d’une centaine de paquets de cigarettes et de pots de tabac. La sculpture figure des poumons géants dont s’échappent quelques papillons ; ces derniers symbolisent tout ce qui « s’envole » à cause de la consommation de tabac.

Nouvelle version

Cependant, si de nombreux signaux démontrent la popularité de l’opération Mois sans tabac, elle n’échappe pas à quelques bémols. L’enquête publiée en octobre par Santé publique France concernant l’efficacité de la campagne confirme bien que plus on a été exposé à Mois sans tabac, plus on est susceptible d’avoir essayé d’arrêter de fumer au dernier trimestre de l’année (2016), mais elle met également en évidence une visibilité moins marquée chez les ouvriers et les chômeurs. C’est probablement notamment pour corriger certaines de ces limites, tout en renforçant encore les succès de la campagne que Santé publique France promet en 2020 « une version totalement nouvelle ». Vivement l’année prochaine !

Aurélie Haroche

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