My name is Bond, James Bond…and I am smoking !

Tous les films de James Bond, sauf un, comportent des scènes où les personnages fument, et dans certains, c’est une vraie tabagie.

L’agent secret de sa majesté 007, alias James Bond a finalement arrêté de fumer en 2002, mais il demeure encore aujourd’hui largement soumis au tabagisme passif, en particulier de ses partenaires sexuelles.

Un pic de consommation dans les années 60

Dans La revue Tabacco Control, datée du 16 janvier,  des chercheurs de l’université d’Otago à Wellington, en Nouvelle Zélande, publient les résultats d’une analyse de la consommation de tabac dans les films de  Bond.

L’objectif était de savoir, si au fil du temps, l’empreinte du tabagisme dans ces films d’espionnage s’était finalement estompée. Les conclusions sont sans appel : la cigarette imprègne l’immense majorité des films du plus grand espion de fiction du monde. L’industrie du tabac a infiltré, depuis les années 50, celle du cinéma, avec sans doute des conséquences non négligeables pour les jeunes en particulier.

Les chercheurs ont donc examiné la problématique du tabac dans 24 films du plus célèbre des agents secrets, depuis « James Bond 007 contre Dr No », en 1962 jusqu’à « Spectre » en 2015. Ainsi, il apparaît que l’espion a beaucoup fumé à l’écran, avec un pic de consommation pendant les années soixante, suivi d’un déclin lors des décennies ultérieures, et d’un arrêt en 2002, dans le film « Meurs un autre jour » (Die Another Day).

Pendant sa longue période de fumeur, James Bond allumait la première cigarette en moyenne dans les vingt premières minutes après le début du film.

Arrêt du tabac pour « Meurs un autre jour » mais il y a toujours le spectre du tabagisme passif

A partir de 2002, il arrête de fumer. Mais les chercheurs soulignent que le tabagisme de son entourage, en particulier  celui de ses nombreuses conquêtes féminines, expose l’espion de sa majesté un très fort niveau de tabagisme passif (à ceci près que la brièveté de ces liaisons amoureuses relativise certainement l’impact et la nocivité de ce tabagisme passif…). Même si elle est insidieuse, la démarche publicitaire est patente. Des marques de cigarettes apparaissent très nettement dans deux films en particulier : Marlboro dans « Moonraker » (1979) et  Lark dans « Permis de tuer » (License to Kill, 1989).

De manière globale, les images liés au tabac sont absentes dans un seul film : « Casino Royal » (2006). Dans le dernier James Bond,« Spectre », seuls les personnages secondaires fument, mais cela représente au total 261 millions d’impressions visuelles du tabac pour les 10-29 ans, en ne tenant compte que du nombre des entrées pour ce film aux USA.

Un danger parmi d’autres pour 007 !

Les chercheurs reconnaissent qu'il y a eu quelques tentatives louables de mentionner les dangers du tabagisme dans la série des films de James Bond : la première, en 1967, dans « On ne vit que deux fois » (You Only Live Twice). Les dangers liés au tabac sont également évoqués dans d’autres épisodes des aventures de l’agent secret. « Malgré tout, la présence persistante de personnages qui fument reste problématique du point de vue de la santé publique, compte tenu de la popularité de cette série de films», écrivent les chercheurs. Fumer est en contradiction avec les besoins de James Bond d’être en bonne condition physique, mais colle avec son mépris des risques pour sa santé. » Après tout, 007 a esquivé des milliers de balles, boit beaucoup d'alcool, conduit en général très vite. Sans compter qu’un nombre non négligeable de ses conquêtes amoureuses - 9 sur 60, soit près de 15 % ! - ont tenté de le capturer ou de le tuer.

Le cinéma, un bon support publicitaire

La place importante du tabagisme dans les films de James Bond est préoccupante, notamment parce que la saga des aventures du célèbre espion britannique constitue l’une des plus grosses audiences du cinéma mondial.

Les auteurs de cette enquête plaident en faveur d’une réduction du tabagisme dans les films, avec éventuellement des mentions prévenant le public pour ceux diffusant des scènes de tabagisme.

En France, en 2012, une enquête de la Ligue nationale contre le cancer avait montré que la cigarette apparaissait dans 80 % des films français

La consultation des documents internes de l’industrie du tabac rendus publics sous contrainte judiciaire en 1998 aux États-Unis avait bien montré que les industriels voient dans le cinéma un support stratégique. Dans ces documents, les chercheurs ont retrouvé le contrat de Sylvester Stallone, qui a touché 500 000 dollars dans les années 1980 pour fumer, dans plusieurs de ses films, des cigarettes de la marque Brown-Williamson.

Dr Martine Perez

Référence
Wilson N et coll. : Die Another Day, James Bond’s smoking over six decades. 2017; 2:1–2. doi:10.1136/tobaccocontrol-2016-053426

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Vos réactions (2)

  • Laissez-les, laissez-nous vivre!

    Le 23 janvier 2017

    Il faudrait quand même ne pas perdre à l'esprit que les films de James Bond ne sont en rien des bulletins du ministère de la Santé. Cet article critiquant la consommation de tabac de personnages purement fictifs me glace le sang.

    N'est-on pas au seuil du "Meilleur de Mondes" où chaque fait et geste, chaque chose de la vie est soumis au grand scrutateur. A ce compte-là, il faudrait interdire tous les films un peu érotiques qui ne suggérerait pas la nécessité de mettre un préservatif avant de se jeter sur la femme que l'on aime, ou, pendant qu'on y est, bannir le Coca Cola consommé par junior qui attend sa mère au MacDo…

    Laissez-les, laissez-nous vivre! Que diable. Même au prix du risque de se prendre quelques heures pour John Wayne chevauchant les plaines du Middle West…

    François Engel

  • Une dépendance extrêmement complexe à cerner

    Le 25 janvier 2017

    Je suis parfaitement d'accord avec vous, laissez vivre les gens. L'envie d'arrêter de fumer est une démarche strictement personnelle. Imposer un sevrage tabagique à quelqu'un qui n'est pas prêt est une entrave à la liberté individuelle, une violence psychologique.

    Les facteurs psycho-affectifs dans le tabagisme sont rarement compris par les médecins qui pensent qu'il suffit de vouloir arrêter de fumer pour le faire. Le tabagisme est une dépendance extrêmement complexe à cerner et on ne s'en libère pas comme ça, intellectuellement ou avec de la volonté. Se libérer de cette dépendance est très difficile et nécessite un long travail sur soi-même pour comprendre avec son cœur les causes profondes de cette addiction.

    Dr Marie-Sandra Diamant-Berger

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