Naissance d’un enfant conçu après un don de mitochondries

New York, le mercredi 28 septembre 2016 - Révélée par le New Scientist et devant être prochainement confirmée par une publication scientifique lors du congrès de l'Association américaine de médecine reproductive, la naissance d'un premier enfant après don de mitochondries est très commentée aujourd'hui. Elle concerne un couple de Jordaniens, dont la femme est porteuse saine du syndrome de Leigh et ayant déjà donné naissance à deux petites filles mortes en bas âge. Cette procédure étant interdite aux Etats-Unis, le petit garçon en parfaite santé aujourd'hui est né dans une clinique mexicaine, après une procédure réalisée par l'équipe de John Zhang, président fondateur du Centre de fertilité New Hope de New York. Cette technique consiste à transférer le noyau d'un ovule fécondé dans un autre ovule fécondé mais débarrassé de son noyau, afin d'éviter la transmission d'ADN mitochondrial, méthode résumée de façon lapidaire comme la conception d'un embryon grâce à "trois parents".

Précédents aux Etats-Unis

Autorisée uniquement en Grande-Bretagne, cette technique, avec une méthode légèrement différente, avait déjà été utilisée au tout début des années 2000 aux Etats-Unis et avait conduit à la naissance de moins d’une vingtaine d’enfants. Les résultats de l’équipe de Jacques Cohen avaient alerté la Food and Drug Administration. Sur un échantillon restreint de douze grossesses, était observé en effet le cas de deux embryons chez lesquels un chromosome X faisait défaut (dont l’un ne survécut pas au-delà de quelques semaines de grossesse). Le développement de tous les autres enfants s’est révélé normal, mais quelques années après sa naissance l’un d’eux a présenté des troubles pouvant s’apparenter à l’autisme. Pour aucune des complications évoquées, le recours au transfert cytoplasmique ne semblait pouvoir être directement mis en cause. Ces données alertèrent cependant la FDA qui décida de l’interdiction de cette méthode. Aujourd’hui, la méthode continue de susciter des réserves importantes chez les spécialistes, notamment en raison de l'incertitude concernant le devenir des enfants.

Léa Crébat

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Vos réactions (5)

  • "Trois parents" ?

    Le 28 septembre 2016

    Il n'y a pas 3 parents mais 2 !
    Sur le plan génétique le support de l'hérédité est dans le noyau. Donc la fusion de 2 noyaux ne signifie pas un 3 éme parent...

    Roland Plumeau

  • La réponse de la rédaction

    Le 29 septembre 2016

    Nous avions bien précisé et dans notre titre et dans notre texte que l'expression "trois parents" était un raccourci lapidaire, c'est à dire comme toujours approximatif.

  • 1+1+1 = 3

    Le 02 octobre 2016

    Si il y a bien 3 parents la mère donneuse du noyau fécondé, la mère porteuse, le père !

    Dr Isabelle Gautier

  • Autiste?

    Le 02 octobre 2016

    Ce qui rend autiste: c'est de ne pas dire à ces enfants comment ils ont été fait; qu'ils ont trois parents (s'il y a de l’ADN dans les mitochondries, il y a de la biochimie d'une autre mère; c'est même ce que cherche cette équipe); peut être même quatre parents symboliques avec l’équipe médicale. De plus ces enfants survivants sont en lien avec leur frères et sœurs malades et DCD.

    Dr Yann Mallet

  • Cohabitation d'ADN

    Le 03 octobre 2016

    Certes le support de l'hérédité est dans le noyau, mais pas que ! La preuve est qu'une anomalie de l'ADN mitochondrial est pathogène, voire létale dans le cas de ce couple. En l'occurrence, il y a bien 3 personnes qui sont intervenues pour la naissance de cet enfant dont la normalité ne pourra être
    certaine que dans un nombre d'années impossible à préciser puisque certaines maladies mitochondriales sont d'apparition très tardive. Or, il semble qu'on ne connaisse toujours pas avec précision le role de cet ADN mitochondrial toujours d'origine materne. Dans le cas présenté il y a 3 ADN différents : 2 nucléaires et un mitochondrial et on ne connaît pas la relation entre eux !

    Dr Gérard Vidal

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