Négociations conventionnelles infirmières : les syndicats claquent la porte…sur le nez des pharmaciens !

Paris, le vendredi 13 juillet 2017 – Déjà bien mal engagées, les négociations infirmières entres les syndicats représentatifs (FNI*, CI**, SNIIL***) et la CNAM sont suspendues et repoussées sine-die faute de participants. Les syndicats ont en effet décidé tous ensemble ce 11 juillet de ne pas participer aux discussions avec l’Assurance-maladie, comme l’avait déjà fait, il y a un mois,le SNIIL.

Dans un communiqué commun, ils reprochent à l’Assurance Maladie de s’écarter « des orientations arrêtées par le Conseil de surveillance de la CNAMTS visant à améliorer l’efficience du système de santé ». Ils déplorent par ailleurs « la faiblesse de l’enveloppe financière proposée par l’Assurance Maladie » et « l’étalement de l’entrée en application des mesures consenties jusqu’en 2021 ».

Ils sont encore vent debout contre les réticences de la CNAM à mobiliser pleinement les infirmiers dans la bataille du développement de la chirurgie ambulatoire.

Blocage des négos infirmières : la faute aux pharmaciens ?

Mais c’est l’éventuelle extension des compétences des pharmaciens qui a fini de mettre le feu aux poudres.

Rappelons qu’un décret permettant aux pharmacies d’officine de proposer des « conseils et prestations destinés à favoriser l’amélioration ou le maintien de l’état de santé des personnes » et de participer à l’accompagnement des patients pour leur maintien à domicile, notamment par le biais de la dispensation à domicile de la préparation des doses à administrer (PDA) pourrait être publié très prochainement après une décision dans ce sens du Conseil d’État en novembre dernier. La FNI croit en effet savoir que les syndicats de pharmaciens font pression sur le gouvernement pour imposer « une forme de « big deal » au Ministère de la Santé et à l’Assurance Maladie, selon lequel les pharmacies pourraient « tout faire » : des soins ambulatoires en plus de la vaccination, de la prévention comme avec le dépistage du mélanome, de la télémédecine, des conseils, etc. et pourquoi pas la distribution de journaux en partenariat avec La Poste ? » ironise-t-elle.

Pour la FNI, pas de doute : « les conséquences des trépignations de cette profession qui bénéficie de nombreux soutiens se traduisent par le blocage des projets d’autres professions et en particulier ceux des IDEL sabotant par exemple leurs négociations conventionnelles ».

Ainsi, l’Assurance Maladie et le Ministère bloqueraient « toutes avancées conventionnelles sur des points qui relèvent pourtant du cœur de métier des IDEL (…) comme le développement de la chimiothérapie orale ou la Préparation, Distribution et Administration des doses médicamenteuses, PDA en mode 2.0, couplées à une mesure objective de l’observance thérapeutique ».

Convergence Infirmière dénonce de la même manière « la prise d’otages à laquelle se livrent les pharmaciens », et appelle à une « véritable négociation interprofessionnelle » autour de ce projet de décret.

Vaccination en officine : un contre-exemple ?

Pour appuyer ses dires et se placer sur le terrain de la santé publique, Convergence infirmière affirme l’existence d’une baisse de 6,4 % de la vaccination antigrippale « dans les régions où les Pharmaciens ont vacciné ».

Cette organisation conclut que face à ce « fiasco », il faut « stopper l’hémorragie » des compétences infirmières.

Gageons que la réponse du berger à la bergère ne devrait pas manquer d’être publiée dans les jours à venir.

*Fédération national des infirmiers
** Convergence infirmière
*** Syndicat National des infirmières et infirmiers libéraux

Note : La suspension des négociations infirmières fera l’objet d’une interview sur le JIM dans les prochains jours.

F.H.

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Vos réactions (2)

  • PHARMACIE ET FNI

    Le 13 juillet 2018

    Et on voit de plus en plus de pharmacie afficher des conseils d'homéopathie sur les pathologies estivales; les pharmaciens vont aussi "doubler" les médecins! Le manque de médecins sera bientôt résolu!

    Dr Jean-Pierre Lamagnère

  • Infirmier (e)-pharmacien

    Le 13 juillet 2018

    Je suis effaré par la virulence des réactions des syndicats infirmiers à l’egard de la profession de pharmacien d’officine. Il ressort comme une jalousie, je peux comprendre la defense des intérêts d’une profession mais pas l’utilisation de propos à la limite de la calomnie. Cela dénote surtout une grande méconnaissance du contenu des études suivies par les pharmaciens. J’espère que la raison l’emportera afin que chaque profession aborde les négociations en pensant d’abord à l’intérêt du patient.
    À .CARSIN. pharmacien retraité

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