Néoplasies intra-épithéliales vulvaires et vaginales : quels génotypes HPV ?

Les cancers de la vulve et du vagin sont des cancers gynécologiques rares. Il s’agit, pour la plupart, de carcinomes épidermoïdes, souvent liés à l’infection HPV. Comme le cancer du col utérin, ils sont précédés de lésions de néoplasie intra-épithéliale.
Les néoplasies intra-épithéliales vulvaires (VIN) induites par l’HPV sont soit des lésions intra-épithéliales de bas grade (LSIL, VIN 1), soit des lésions intra-épithéliales de haut grade, potentiellement précancéreuses (HSIL, VIN 2/3). De la même façon, on distingue parmi les néoplasies intra-épithéliales vaginales (VaIN) induites par l’HPV, des lésions de bas grade (LSIL, VaIN 1) et de haut grade (HSIL, VaIN 2/3). Certaines de ces lésions de haut-grade (HSILs) évolueront en cancer invasif en l’absence de traitement.

Le cancer du col utérin est principalement dû à 12 génotypes HPV de haut risque, les génotypes 16, 18, 31, 33, 35, 39, 45, 51, 52, 56, 58 et 59. Les verrues génitales sont principalement dues à 2 génotypes HPV de bas risque, les génotypes 6 et 11.
De nombreux génotypes HPV ont été retrouvés dans les lésions vulvaires et vaginales de femmes entre 30 et 60 ans.

Afin de préciser la fréquence relative des génotypes HPV associés aux lésions de bas et haut grade de la vulve et du vagin, une analyse « post-hoc » a été menée chez les femmes du groupe placebo des études pivot du vaccin Gardasil (FUTURE I et II).
 
8 798 femmes et jeunes filles de 15 à 26 ans, qui recevaient un placebo, ont été suivies pendant 4 ans. Elles ont été surveillées par la réalisation régulière d’examens gynécologiques, de frottis cervicaux et ano-génitaux et de recherche d’HPV par PCR ; 14 génotypes HPV étaient recherchés : les 6, 11, 16,18, 31, 33, 35, 39, 45, 51, 52, 56, 58 et 59. Des biopsies de toutes les lésions suspectes ont été faites.

Durant les 4 ans de suivi :
 - 86 lésions vulvaires ont été diagnostiquées : 40 LSILs et 46 HSILs vulvaires, chez 68 femmes.
 - 151 lésions vaginales ont été diagnostiquées : 118 LSILs et 33 HSILs vaginaux, chez 107 femmes.

41,2 % des femmes qui avaient une lésion vulvaires et 49,5 % des femmes qui avaient une lésion vaginale avaient aussi une lésion cervicale.
Seulement 6,5 % des femmes, qui avaient une lésion cervicale, avaient aussi une lésion vulvaire ou vaginale.

Une raison supplémentaire de vacciner contre l’HPV

Un ou plusieurs des 14 génotypes HPV testés ont été détectés :
 - LSILs vulvaires (72,5 %), HSILs vulvaires (91,3 %)
 - LSILs vaginaux (61,9 %), HSILs vaginaux (72,7 %).

Au sein des lésions HPV positives, les 9 génotypes HPV les plus fréquemment en cause dans le cancer du col et les verrues génitales (6,11, 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58) ont été retrouvés dans : -  89,4 % des LSILs vulvaires (HPV 6 : 72 %)
 - 100 % des HSILs vulvaires (HPV 16 : 74 %, HPV 31 : 16 %).
 -  56,0 % des LSILs vaginaux (HPV 31 : 20 %)
 - 78,3 % des HSILs vaginaux (HPV 16 : 46 %)
 
Il existe trois vaccins HPV, un vaccin bivalent (HPV 16, 18), un vaccin quadrivalent (HPV 6, 11, 16, 18), et un vaccin nonavalent (HPV 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58) non encore commercialisé en France. Ce dernier vaccin intégrant cinq génotypes HPV supplémentaires devrait apporter une meilleure protection que les vaccins précédents contre les lésions vulvaires et vaginales.

Dr Catherine Vicariot

Référence
Référence : Garland et al Human Papillomavirus–Related Vulvar and Vaginal Lesions Obstetrics & Gynecology ; août 2018 ; 132 (2).

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