Nouveau calendrier vaccinal : la vaccination HPV recommandée chez les jeunes homosexuels masculins

Paris, le mardi 25 avril 2017 - Alors que la semaine européenne de la vaccination est organisée depuis hier et jusqu’à dimanche par l’Organisation mondiale de la santé (voir notre article du jour), le Haut conseil de la santé publique a publié hier une actualisation du calendrier vaccinal. Les principales innovations de ce calendrier concernent les infections à méningocoque, à pneumocoque et à papillomavirus, et contre la tuberculose. Souvent ces recommandations ont été annoncées lors d’avis publiés ces derniers mois, dont certains ont été commentés sur le JIM.  Alors que les infections méningococciques ont continué à faire régulièrement parler d’elle et que l’insuffisance de la couverture vaccinale a été mise en évidence, elles sont l’objet d’une attention marquée dans ce nouveau calendrier vaccinal.

Echec de la stratégie de vaccination contre la méningite C

Concernant la méningite C, la couverture vaccinale est aujourd’hui extrêmement faible ne dépassant pas les 10 % chez les jeunes entre 20 et 25 ans. La stratégie défendue en 2010 a échoué : « le nombre de cas d'infections invasives à méningocoque C n'a pas diminué en France et a même augmenté chez les nourrissons de moins d'un an » relève le HSCP. D’autres pays, en obtenant une couverture vaccinale proche de 90 % ont pourtant réussi à relever ce défi. Aussi, pour tenter de faire progresser le recours à ce vaccin, une dose du vaccin méningococcique C Neisvac à l'âge de 5 mois, suivie d'une dose de rappel à l'âge de 12 mois a été ajoutée au calendrier vaccinal. Concernant les infections invasives à méningocoques A, C, W ou Y, le HCSP indique qu’un nourrisson ayant été en contact avec une personne touchée peut être protégé « dès l’âge de six semaines avec le vaccin Nimerix ». Pour les personnes présentant une condition favorisante spécifique (souffrant de déficit en fraction terminale du complément, recevant un traitement anti-C5, porteuses d'un déficit en properdine ou ayant une asplénie) et celles ayant reçu une greffe de cellules souches hématopoïétiques, un rappel de vaccin tétravalent ACYW est désormais recommandé tous les 5 ans.

Simplification pour le pneumocoque

La situation concernant le pneumocoque est très différente, puisqu’une couverture vaccinale de 95 % des nourrissons a été obtenue. Les résultats sont au rendez-vous : une diminution des  infections invasives à pneumocoque dans toutes les tranches d'âge, y compris chez les personnes âgées, est observée. Alors que des différences existaient concernant le schéma vaccinal appliqué aux patients présentant des facteurs de risque, désormais, le schéma séquentiel 13-valent conjugué puis 23-valent est la référence.

Papillomavirus : un choix étonnant

Enfin, ce calendrier vaccinal confirme la recommandation de vaccination des adolescents et jeunes hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes jusqu’à 26 ans contre le papillomavirus. La France n’a pas fait le choix adopté par de nombreux autres pays occidentaux de préconiser la vaccination des garçons à l’instar des jeunes filles, sans référence à leur orientation sexuelle. Cette option pourrait être considérée comme la manifestation d’une défiance vis-à-vis de ce vaccin, dont certains ne manqueront pas de s’emparer pour alimenter leurs propres doutes. Par ailleurs, une telle disposition entérine l’idée que la vaccination est destinée à se protéger soi-même et pas également d’assurer la protection des autres (la vaccination des hommes hétérosexuels est en effet bénéfique pour les femmes). Enfin, ce choix sera difficile à appliquer : la révélation de son homosexualité est en effet encore assez difficile à l’adolescence pour que le réflexe de la vaccination en pâtisse. Le HCSP précise que le vaccin peut être proposé dans des Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd) d'infections sexuellement transmissibles ainsi que dans les centres publics de vaccination afin de permettre un accès gratuit à la vaccination. Le texte indique encore que pour les jeunes filles et les jeunes femmes non vaccinées, est désormais recommandée l’utilisation de Gardasil9 prochainement disponible.

Gérer les pénuries

On retiendra encore que le BCG doit désormais être administré à partir de l’âge d’un mois en métropole, afin de réduire le risque de BCGite généralisée, chez les enfants atteints d’un déficit immunitaire combiné sévère, non diagnostiqué. Compte tenu de l’âge de dépistage de cette maladie, le recul d’un mois de l’introduction de la vaccination pourrait cependant avoir un impact très faible. Enfin, de nombreuses recommandations visent à la mise en place de schémas alternatifs pour faire face aux pénuries.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Vacciner plus tôt

    Le 25 avril 2017

    Oui, c'est ridicule de réserver la vaccination HPV aux hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes jusqu'à 26 ans !
    D'une part il serait opportun de vacciner tous les garçons comme les filles pour obtenir une immunité de groupe et protéger leurs compagnes du cancer du col de l'utérus.

    D'autre part vacciner des HSH jusqu'à 26 ans est beaucoup trop tard ; il faut vacciner avant toute relation sexuelle si l'on veut être efficace pour prévenir le cancer de l'anus.

    Dr Michel de Guibert

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