Nouvel appel à un dépistage massif de l’hépatite C

Paris, le mercredi 27 septembre 207 – Depuis quelques années, le congrès de l’Association française pour l’étude du foie (AFEF), qui se tiendra cette année du 4 au 7 octobre, est l’occasion de se féliciter des excellents résultats obtenus grâce aux nouveaux antiviraux à action directe dans le traitement de l’hépatite C. « Pendant très longtemps, les médicaments étaient peu efficaces avec moins de 50 % d’efficacité. Mais surtout ils étaient très mal tolérés et entraînaient des effets secondaires importants, ce qui limitait les possibilités de prescription. Nous ne les prescrivions qu’aux patients atteints de formes sévères. Mais aujourd’hui, les traitements atteignent des taux d’efficacité supérieur à 95 %. Les échecs et les effets secondaires graves sont exceptionnels » résume pour le site Pourquoi Docteur le Pr Christophe Bureau, secrétaire général de l’AFEF et hépatologue au CHU de Toulouse.

Atteindre les patients à risque et les sujets sans facteur apparent

D’abord cantonnés aux patients présentant les atteintes les plus graves, les antiviraux à action directe (AAD), dont les prix, bien qu’ils restent élevés, ont très significativement diminué, peuvent être utilisés chez tous les malades. On estime ainsi aujourd’hui que 30 000 patients en ont bénéficié. Grâce à ces traitements, l’AFEF juge que la maladie pourrait être éradiquée vers 2025-2030.

Mais pour atteindre cet objectif, il sera nécessaire de gagner la bataille du dépistage. Aussi, à l’instar de plusieurs instances avant elle, dont la Haute autorité de Santé (HAS), l’AFEF insiste sur ce point. Aujourd’hui, on considère que 75 000 patients s’ignorent. Pour être plus efficace, la détection de la pathologie doit d’abord se concentrer sur les sujets les plus à risque, qui ne sont pas uniquement les toxicomanes, mais aussi les personnes nées à l’étranger. « Certains sujets migrants sont difficiles à dépister car pas toujours informés par rapport à cette maladie, à leurs droits sociaux et à la possibilité d’une prise en charge médicale » relève l’AFEF.

Mais au-delà, la systématisation du dépistage, afin notamment de repérer les sujets ne connaissant aucun facteur de risque apparent, n’est pas suffisamment appliquée en dépit des recommandations, ce qui freine les chances d’éradication. L’AFEF souhaite que cette tendance soit corrigée et espère le lancement d’une campagne de sensibilisation qui concernerait tant les professionnels que le grand public. Par ailleurs, l’utilisation des nouveaux outils, tels les tests d’orientation rapide (TROD) doit contribuer à élargir encore la détection de la pathologie.

Léa Crébat

Références


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Vos réactions (1)

  • De quelle efficacité parlez-vous ?

    Le 28 septembre 2017

    C’est drôle comme nous sommes avec l’AFEF à des années lumières des conclusions de la récente revue systématique de l’indépendante Collaboration Cochrane. Vous avez dit efficacité, mais de quelle efficacité s’agit-il ? La disparition de l’ADN viral dans le sang 12 semaines après l’arrêt du traitement. C’est un critère intermédiaire de jugement qui n’a que très peu d’intérêt tant qu’il n’est pas corrélé à une survie globale plus importante, une réduction de la mortalité d’origine hépatique, une réduction des carcinomes hépatocellulaires, une réduction de l’évolution vers la cirrhose compensée ou décompensée… Bref, nous ne savons toujours pas quelle est l’efficacité réelle de ces médicaments.

    Quid des récidives précoces de carcinomes chez 30% des patients à six mois ? Quid de la réactivation de l’hépatite B chez les porteurs des virus C et B ? L’AFEF empêtrée comme la plupart des sociétés savantes dans d’énormes conflits d’intérêts de ses leaders d’opinion, n’est toujours pas crédible, se ment, ment à ses patients, les instrumentalisent, nous ment. Quand l’hépatologie s’enhardit à propos de l’efficacité (supposée)… Lire la suite : http://www.formindep.org/Quand-l-hepatologie-s-enhardit-a.html

    François Pesty

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