Nouvelle passe d’arme entre Leclerc et les pharmaciens

Pont-l’Abbé, le mardi 17 mars 2009 – Le supermarché Leclerc de Pont-l’Abbé, en Bretagne, est-il en passe de devenir le fer de lancer du combat que mène cette célèbre enseigne contre le monopole des pharmaciens ? Les démêlés judiciaires qui ont opposé ces derniers mois les représentants des officinaux et le magasin bigouden permettent aisément de le penser. Certains se souviennent ainsi peut-être que c’est au sein de la parapharmacie du Centre Leclerc de Pont-l’Abbé qu’ont été vendus entre mai 2004 et mars 2006, 983 tests de grossesse. Cette violation de l’article L421.1 du code de la Santé publique qui réserve aux seuls pharmaciens le droit de vendre des « dispositifs médicaux de diagnostic in vitro destinés à être utilisés par le public » a été dûment sanctionnée par la justice au mois de janvier dernier. Le supermarché condamné à 4 000 euros d’amende pour exercice illégal de la pharmacie avait pris acte de la décision en soulignant que l’affaire avait été le fruit d’une initiative personnelle d’un cadre de la parapharmacie. Aujourd’hui, pourtant, l’hypermarché bigouden n’hésite pas à afficher sa stratégie au grand jour. Un agrément auprès de la caisse régionale d’assurance maladie (CRAM) a en effet été obtenu par le magasin afin de jouir du droit de vendre du matériel médical pris en charge par la Sécurité sociale. Cette autorisation, qui permet en outre à la parapharmacie de voir ses locaux s’étendre, a été immédiatement contestée devant la justice administrative par la chambre syndicale des pharmaciens du Finistère et un pharmacien de Pont-l’Abbé. Leur requête a cependant été rejetée la semaine dernière par le Conseil d’Etat qui a affirmé que « cette offre commerciale n’apparaît pas (…) de nature à compromettre dans la zone de chalandise en cause l’équilibre entre les différentes formes de commerce ». Le propriétaire du Centre Leclerc de Pont l’Abbé n’a pas caché sa satisfaction et ses ambitions : « Si nous avons obtenu l’agrément de la CRAM, c’est bien que notre projet est sérieux. D’autant qu’en matière de matériel médical, l’offre est plus que réduite dans le Pays bigouden. Je ne vois pas pourquoi certains auraient un monopole », a-t-il encore ajouté. Du côté des pharmaciens, c’est l’inquiétude qui prédomine. « Il s’agit de susciter un besoin dans un but mercantile, plutôt que de répondre à un besoin médical réel, le tout financé par la Sécurité sociale, donc par les impôts et les charges des Français » observe la chambre syndicale des pharmaciens du Finistère. Soulignons enfin que les péripéties juridiques entre les officinaux et la célèbre enseigne ne sont pas prêtes de s’essouffler : la semaine dernière également, toujours en Bretagne, le procureur de la République a requis 8 000 euros d’amende contre un supermarché de Douarnenez, qui lui aussi, a vendu pendant plusieurs semaines des tests de grossesse.

A.H.

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