Nouvelle tentative d’importer en France un site comparateur de médecins…

Paris, le mardi 16 avril 2019 – Au même titre que pour les voyages ou les assurances, les comparateurs de médecins ont la cote aux États-Unis où les patients ont pris l’habitude de les noter et de laisser un avis sur internet, bon ou mauvais, après une consultation. Aussi, depuis quelques années, des dizaines de sites d’évaluation de ce genre se sont ouverts.

En France, récemment, plusieurs entreprises se sont lancées avant de fermer les unes après les autres et c’est désormais directement sur Google que l’on retrouve le plus d’avis concernant les praticiens français.

Des critères d’évaluation simplistes

Un nouveau site tente depuis lundi d’investir ce créneau, baptisé MediEval4i.com. Ce portail est conçu pour permettre aux patients de noter gratuitement leurs médecins sur cinq critères : la qualité de l’accueil, la durée de la consultation, la qualité de l’écoute, la ponctualité du médecin et enfin les explications sur le traitement.

Conscients de l’ire que provoquera chez les médecins un tel dispositif, les fondateurs du portail promettent déjà une « modération très stricte »…

Cette promesse n’a pas suffi à éviter les critiques. D’abord, les critères retenus sont jugés simplistes par le docteur Jean-Christophe Calmes, secrétaire général adjoint de MG France, qui souligne dans Le Parisien : « L’acte médical c’est beaucoup plus. Une consultation longue ou prise à l’heure ne veut pas dire qu’elle soit bonne et précise ».

Comparer au risque d’altérer la confiance

Le président de MG-France Jacques Battistoni, exprime pour sa part dans le Figaro « sa réticence » et estime que « cela va accroître la pression sur les médecins dans une période déjà difficile où, pénurie oblige, ils doivent répondre à une forte demande. Cela va mettre le doigt sur un manque de moyens que de toute façon ils n’ont pas. Une société commerciale peut augmenter ses tarifs pour améliorer son service, pas nous » rappelle-t-il ainsi.

Invité également à réagir, le docteur Jean-Marie Faroudja, président de la section éthique et déontologie du Conseil national de l’ordre des médecins, réprouve l’existence de sites qui altèrent « la relation de confiance entre le médecin et le patient ».

Tous les observateurs cependant ne partagent pas cette opinion négative. Ainsi l’association de patients, France Assos Santé salue l’initiative et estime qu’il « est légitime de noter une structure où notre vie est en jeu ». Ce collectif de 85 associations prévoit d’ailleurs de lancer à son tour, d’ici la fin de l’année, un site d’évaluation des médecins et des services hospitaliers et de partage d’expériences des patients intitulé Moi patient.

Cette multiplication des portails de ce type, qui n’est pas sans inquiéter les médecins, les oblige à prendre conscience de la nécessité de veiller à leur e-réputation, sujet à propos duquel l’Ordre a publié en septembre 2018 un guide pratique pour « préserver sa réputation numérique ». Un outil qui sera sans doute de plus en plus utilisé à l’avenir…

Frédéric Haroche

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Vos réactions (1)

  • Il parait que ce genre de chose existe...

    Le 21 avril 2019

    ah bon...je ne suis JAMAIS allé voir ce qu'on pouvait dire de moi sur les sites en question, aussi simple que ça (bon, c'est vrai qu'en tant que praticien hospitalier, donc salarié, je n'ai pas trop à me soucier de faire de l'activité, même si, tarification à l'activité oblige, faut tout de même être un minimum vigilant).

    Ceci dit, je comprends que ces sites (apparentés aux "vomitorium" dont disposaient parait il les riches demeures Romaines au temps de la décadence, qui permettait aux convives qui s'étaient un peu trop empiffrés d'aller dégueuler le trop plein de leur estomac avant de retourner à l'orgie) puissent inquiéter mes confrères libéraux.
    Peut être serait il possible d'allumer un contre feu numérique en faisant peser la menace d'un site réservé au corps médical sur lequel seraient signalés les patients à problème du genre qui ne vient pas à ses rendez vous, qui ne paye pas ce qu'il doit, procédurier, agressif, crasseux, fraudeur etc. faudrait étudier l'idée d'un point de vue juridique, ça risque de coincer par rapport au secret médical mais sait on jamais…

    Dr Jean Marc Ferrarini

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