Obésité de l’enfant : il faut agir dès le plus jeune âge

L’obésité de l’enfant est un problème mondial de santé publique. Elle coexiste avec des carences alimentaires, situation désormais qualifiée de « double fardeau de la malnutrition ». Au cours des 40 dernières années, la prévalence mondiale de l’obésité des 5-19 ans a été multipliée par 8 et continue d’augmenter dans certaines régions du monde comme en Asie de l’est et du sud, particulièrement chez les garçons.

La prévalence de l’obésité connaît des disparités économiques, et l’on observe que celles-ci ont changé au fil du temps. Ainsi au Royaume-Uni, jusque vers 1970, les enfants et les adolescents des classes socio-économiques défavorisées étaient plutôt de faible poids, alors que depuis cette période, un risque plus élevé d’obésité est apparu dans ces groupes, et ne cesse de s’amplifier. Ce point semble souligner l’insuffisance des mesures de prévention à l’égard de ces enfants socio-économiquement désavantagés.

Réduire l’apport en protéines chez le nourrisson

La FISPGHAN (Federation of International Societies for Paediatric Gastroenterology, Hepatology And Nutrition) a récemment publié une mise au point sur les interventions et les priorités pour réduire le risque d’obésité de l’enfant dans le monde. Les experts insistent sur le fait que le risque d’obésité est fortement influencé par l’alimentation des premières années de vie. Son amélioration ainsi que celle du style de vie dès ces premières années a prouvé son intérêt. Ils recommandent donc d’éviter une alimentation trop riche en protéines, en favorisant l’allaitement maternel ou à défaut l’utilisation de laits industriels avec un faible contenu en protéines et de ne pas débuter la diversification alimentaire avant l’âge de 4 mois.

Chez l’enfant, aucun aliment isolé n’est associé à un surpoids ou à l’obésité. Ce sont surtout les habitudes alimentaires, choix des portions et styles d’alimentation, qui sont déterminants. Une diététique saine, comme le régime méditerranéen, a fait la preuve de son intérêt dès le plus jeune âge. Le régime nordique semble aussi avoir une influence bénéfique sur le développement de l’enfant, mais d’autres travaux sont encore nécessaires pour l’affirmer.

Favoriser une approche globale

L’on a beaucoup insisté sur l’activité physique régulière et la lutte contre la sédentarité, ou le temps passé devant les écrans notamment en mangeant. Seules, ces interventions n’ont qu’un faible impact sur le risque d’obésité et elles doivent donc s’inscrire dans une stratégie d’ensemble.

L’environnement familial et scolaire doivent être mis à contribution et porter le même message en favorisant les comportements bénéfiques à la santé : fontaines d’eau, amélioration des menus de cantine et encouragement à l’activité physique.

Enfin des mesures doivent être prises au niveau de la société, pour améliorer la prévention en limitant les inégalités socio-économiques. Cela passe par l’amélioration de la qualité des produits alimentaires bons marchés (les aliments bénéfiques à la santé sont souvent plus chers), la généralisation d’un étiquetage lisible (code couleur), la taxation des aliments de mauvaise qualité nutritionnelle, ou encore le contrôle de la publicité destinée aux enfants. Les experts insistent sur la nécessité d’approches complexes, s’adressant à la fois aux enfants, aux familles et à la société.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Koletzko B et coll. : Prevention of Childhood Obesity: A Position Paper of the Global Federation of International Societies of Paediatric Gastroenterology, Hepatology and Nutrition (FISPGHAN). J Pediatr Gastroenterol Nutr. 2020;70(5):702‐710. doi:10.1097/MPG.0000000000002708.

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