Obésité : il faut appeler un chat un chat !

Il est bien admis que l’obésité, particulièrement l’obésité androïde, est un facteur de risque cardiovasculaire. C’est la raison pour laquelle les sociétés savantes recommandent des mesures diverses (indice de masse corporelle [IMC], tour de taille, rapport taille/hanches…) pour le diagnostic, et la quantification, de l’obésité.
Par ailleurs, il est admis qu’une perte de poids doit être conseillée, par exemple, à tout patient coronarien dont l’IMC dépasse 25 kg/m2.

Une équipe de Rochester a cherché à mettre en évidence les déterminants de la perte de poids chez des sujets obèses présentant une atteinte cardiovasculaire.
Sur les quelque 900 sujets obèses de l’échantillon (tour de taille ≥ 102 cm pour les hommes et ≥ 88 cm pour les femmes), 78 % étaient conscients de leur obésité et 80 % étaient désireux de perdre du poids.
Pourtant moins d’un patient sur deux (49 %) avaient atteint une perte de poids significative (≥ 5 %) dans l’année qui a précédé l’évaluation.
Seulement 62 % des patients ont déclaré avoir évoqué explicitement leur obésité avec leurs médecins.

Il ressort surtout de cette étude que le diagnostic d’obésité par le médecin est un marqueur prédictif indépendant de tentative de perte de poids (odds ratio [OR] : 2,42 ; 1,44-4,09 ; p : 0,006) et de perte de poids effective (OR : 2,70 ; 1,40-5,19 ; p : 0,001).

Cette étude tend donc à démontrer que ce n’est pas en ménageant nos patients à propos de leur « embonpoint » que nous les aidons à perdre du poids.

Il faut appeler un chat un chat ! : « Vous êtes trop gros ! Il faut maigrir ! »

Docteur Olivier Meillard

Référence
Singh S et coll. : Physician diagnosis of overweight status predicts attempted and successful weight loss in patients with cardiovascular disease and central obesity. Am Heart J., 2010;160: 934-42

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Vos réactions (1)

  • Savoir être honnête face à l'obésité

    Le 02 février 2011

    Les "bons sentiments", -il est gentil-, ne sont pas de mise face aux patients, sans être agressif, la vérité ne fait pas de mal, bien au contraire .
    Roger Turbide Cardiologue / I.D.F.

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