Obligation vaccinale antigrippale des soignants : cent fois sur le métier remettez votre ouvrage

Paris, le vendredi 8 février 2019 – C’est un marronnier du ministère de la santé.

Interrogée, hier, par Europe 1, Agnès Buzyn a évoqué la possibilité de rétablir l’obligation vaccinale antigrippale des soignants (qui n’a jamais été appliqué en pratique).

« Aujourd'hui, j'ai demandé un effort particulier notamment aux Ordres des médecins, des infirmiers, des kinésithérapeutes, pour qu'ils fassent une campagne pro-vaccin. Je verrai quel a été cette année le taux de couverture des soignants, j'espère qu'ils comprennent leur responsabilité. Si vraiment ça ne progresse pas, peut-être que nous en reviendrons à l'obligation » a-t-elle ainsi fait valoir. 

Rappelons, en effet, qu’en dépit des campagnes réitérées en direction des soignants, leur couverture vaccinale antigrippale stagne aux alentours de 25 % chaque année. Et toujours face à cette absence de progression, les ministres exhortent. Ainsi, début 2018, Agnès Buzyn s’exprimait dans des termes proches à l’École des Hautes Études de la Santé Publique et avant elle, Marisol Touraine, tenait le même discours.

A l’année prochaine !

F.H.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (4)

  • Soignants responsables ?

    Le 08 février 2019

    Ce devrait être en conscience une obligation éthique pour tous les soignants d'être vaccinés contre la grippe sans avoir besoin d'une obligation légale !

    Dr Michel de Guibert

  • Des facteurs multiplicateurs de transmission d'une pathologie grave

    Le 08 février 2019

    Comment se fait-il que le taux de vaccination des personnels de santé en France soit aussi faible ? - Les soignants ne croient-ils pas dans les données scientifiques ? Alors sur quelles bases exercent-ils leur métier ?
    Savent-ils qu'ils peuvent être les facteurs multiplicateurs de transmission d'une pathologie grave ? Même en utilisant les mesures de désinfection recommandées ? D'autant qu'il n'est pas d'usage en France en général, et dans le milieu médical en particulier de porter un masque lors des contacts avec le patient quand on est atteint d'infection ORL ou respiratoire.

    J'ai consulté mon médecin traitant récemment: pas de lavage, ni de désinfection des mains, ni avant, ni après, encore moins du stéthoscope. Il y avait un stagiaire en médecine générale, il pérennisera cette désinvolture dangereuse. Je n'ai rien dit, je suis dépassée, mais j'ai utilisé pour moi-même une lingette désinfectante après ma sortie.

    Dr Dominique Buchsenschutz

  • Désolant

    Le 09 février 2019

    C'est désolant de constater que 75 % des soignants, si l'on en croit votre article, n'aient pas plus haute idée de leur responsabilité vis-à-vis de leurs patients. Quel est le pourcentage dans le milieu enseignant, et chez les fonctionnaires en contact avec le public ?

    Dr Maxime Joussein

  • Vilain médecin qui contamine ses patients ?

    Le 10 février 2019

    Je n'aime pas les dogmatiques anti vaccins. Je les crains. Je ne suis pas anti vaccin. Au contraire. Je suis vacciné. Je vaccine mon entourage.
    La faible proportion de "blouses blanches" vaccinées contre la grippe déclenche une culpabilisation agressive contre ces mauvais professionnels non vaccinés qui vont aggraver la santé de leurs patients. Ils sont encore montrés du doigt, accusés par leur tutelle. La charge émotive est fort bien utilisée, depuis ce forum jusqu'au ministère. Cela "semble" logique d'affirmer qu'ils participent à la diffusion de la grippe. Et qu'ils ne donnent pas le bon exemple. Cela va sans dire.

    Cela va peut être mieux en le disant. J'ai essayé de bien chercher, et...n'ai trouvé aucune étude sérieuse, puissante, bien ciblée sur ce problème précis, bien conduite, avec des argumentations cliniques et statistiques, permettant d'affirmer soit que la non vaccination des soignants aggravait par contamination directement la santé de leurs patients, soit que la vaccination des soignants diminuait directement la morbi- mortalité chez leurs patients.

    Quelqu'un aurait il ces connaissances, et pourrait il mettre en ligne sur ce forum les références de telles études ? Que les soins au chevet des malades soient désorganisés en période épidémique par l'absentéisme des blouses blanches, elles même malades car non vaccinées, est une chose possible à imaginer. Imaginer le préjudice économique des arrêts de travail dus à la grippe est possible. Affirmer que la non vaccination est à l'origine de la contamination iatrogène délétère par le virus de malades qui étaient intacts du virus avant le contact avec ces mauvais soignants en est une autre, et je remercie par avance les épidémiologistes sérieux et les infectiologues rigoureux de m'apporter leurs lumières en souhaitant que ces lumières soient évoquées dans de grandes revues, et non pas que dans des conférences de presses de ministères...

    Merci d'éviter les réponses affirmant que c'est évident que la proportion de vaccinés est une bonne chose si elle augmente, au bénéfice de la totalité de la population. Ce n'est pas la question que je me pose.
    Parceque si ma question n'a pas de réponse démontrée, cela sera repris par les anti vaccins qui cherchent tout pour dénigrer les vaccinations. Donc il faudra cesser d'utiliser cet argument. Veux-t-on lutter contre la grippe ou contre l'absentéisme ? Je n'attaque personne, je pose une simple question en me demandant si elle a déjà été traitée... Avec mes remerciements.

    Dr Renaud Gartner

Réagir à cet article

Les réactions sont réservées aux professionnels de santé inscrits et identifiés sur le site.
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.


Lorsque cela est nécessaire et possible, les réactions doivent être référencées (notamment si les données ou les affirmations présentées ne proviennent pas de l’expérience de l’auteur).

JIM se réserve le droit de ne pas mettre en ligne une réaction, en particulier si il juge qu’elle présente un caractère injurieux, diffamatoire ou discriminatoire ou qu’elle peut porter atteinte à l’image du site.