Observance dans la maladie de Parkinson : plutôt sur off

Le traitement de la maladie de Parkinson peut être  particulièrement compliqué notamment au stade des fluctuations. Les formes à libération prolongée de L-DOPA ne permettent pas, le plus souvent, de faire disparaître les périodes d’akinésie et le praticien n’à plus guère le choix que de fragmenter le traitement en 4 à 5 prises au cours de la journée. Pourtant dans certains cas, les patients semblent vouloir échapper aux lois de la pharmacologie en ne répondant pas aux modifications subtiles des horaires et des doses prescrites, mettant ainsi le prescripteur dans un embarras certain. Une étude publiée dans Movement Disorders  confirme ce que de mauvais esprits avaient suggéré : les malades ne  respectent pas les horaires des prises médicamenteuses.

Les auteurs ont  utilisé des piluliers électroniques permettant de vérifier les horaires des prises médicamenteuses dans le cadre d’une étude multicentrique européenne d’évaluation de l’observance sur 4 semaines. Cent douze patients, d’âge moyen 65 ans avec une durée moyenne d’évolution de 7,7 années ont été inclus dans l’analyse (et 11 exclus en raison d’une mauvaise utilisation du pilulier électronique). Ces malades ont été présélectionnés sur un certain nombre de critères et notamment le fait que la maladie de Parkinson était suffisamment équilibrée pour ne pas nécessiter de modification du traitement pendant la période de 8 semaines de l’étude.

La médiane de l’adhésion totale (doses prises/doses prescrite) était excellente de 97,7 % (variation interquartile [IQ] 90,6–100), celle de l’adhésion quotidienne (nombre de jours où la dose quotidienne prescrite était prise) était plus faible, de 86,2 % (IQ 61,1–96,2). Par contre,  l’adhésion horaire (doses prises à intervalle correct) était très faible, 24,4 % (IQ 5,3–56,5). Quatorze patients (12,5 %) prenaient moins de 80 % de la dose prescrite et 40,7 % des patients ne prenaient pas le nombre de doses prescrites au moins 6 fois par mois.

Cette mauvaise adhésion a-t-elle des conséquences cliniques ? Les patients qui avaient la plus faible observance devaient en fait prendre une quantité de L-DOPA plus importante que les plus observants. Le score moteur des sujets les moins observants était en effet plus élevé que celui des patients observants. Les auteurs recommandent dans leur conclusion d’améliorer l’observance par une meilleure éducation et de rappeler aux patients d’éviter de sauter une prise médicamenteuse.

Dr Christian Geny

Référence
Grosset D et coll. : Adherence to Antiparkinson Medication in a Multicenter European Study. Mov Disord., 2009, 24 : 826–832

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