Optimiser le temps en salle d’attente grâce à une chaise connectée ?

Paris, le samedi 8 février 2020 – Ça se passe à Las Vegas et s’appelle  "Show". Pourtant les divertissements et les strass ne sont pas seuls au rendez-vous. Le Consumer Electronics Show (CES) est aujourd’hui un moment incontournable pour toutes les entreprises numériques qui choisissent cette rencontre pour présenter leurs projets les plus aboutis. Tous les domaines sont représentés et la santé occupe une place croissante d’année en année.

Augmenter le temps médical des praticiens

Parmi les sociétés remarquées cette année, l’entreprise Hygia a fait ses débuts en Occitanie. Elle a développé plusieurs outils dont l’ambition est selon la start-up « d’améliorer la collaboration entre le patient et les professionnels de santé », de faire gagner du temps à l’ensemble des acteurs et « de replacer le patient au cœur du soin ». Derrière ces formules convenues et incontournables, se trouve une chaise connectée. Ce dispositif permet d’enregistrer les constantes basiques du patient (poids, tension, température, taux d’oxygène dans le sang, rythme cardiaque…), tandis que ce dernier peut également via une tablette reliée à l’appareil préciser ses principaux symptômes. L’ensemble de ces informations, associées à quelques indications administratives, est ensuite transmis au praticien, dont la consultation, peut-être plus facilement orientée, voire abrégée. Hygia assure d’ailleurs que son système s’inscrit dans l’esprit du projet gouvernemental « Ma Santé 2022 » qui prône le déploiement de solutions concourant à augmenter le « temps médical » des praticiens.

Déshumanisation ?

L’objectif d’Hygia est l’implantation de sa chaise connectée dans les salles d’attente des médecins libéraux, notamment généralistes, en mettant en avant le gain de temps, ainsi que la systématisation du recueil de certaines informations. L’entreprise vise également d’autres structures, telles que les établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes (EHPAD), les pharmacies, les centres de médecine du travail ou encore les maisons de santé. Bien sûr, le déploiement d’un tel système n’est pas sans susciter quelques interrogations. Elles concernent notamment la confidentialité des données qui serait assurée par le cryptage des informations. Elles sont plus encore liées à son coût, alors qu’on le sait, les questions financières sont pour les cabinets médicaux un frein à l’embauche d’une secrétaire ou d’un assistant médical. Pour répondre à cet écueil, Hygia proposera lors du lancement officiel de sa chaise connectée à la fin du premier trimestre une formule de location comprise entre 110 et 120 euros par mois. Enfin, demeure la question de l’acceptabilité par les patients. Si Hygia insiste sur le fait que sa chaise connectée doit permettre à ces derniers d’être davantage impliqués dans leur prise en charge, pour certains sujets, cette incursion de la technologie risque plus certainement d’accroître la crainte d’une déshumanisation des soins médicaux.

Aurélie Haroche

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