Où le surpoids se noie dans un verre d’eau !

La consommation croissante de boissons sucrées est considérée comme l’une des causes de l’augmentation des maladies cardiométaboliques dans le monde. Une étude (analyse effectuée à posteriori dans l’étude «  PREMIER ») suggère qu’une diminution d’un verre/j de ces boissons réduit de 500 grammes le poids à 6 mois. Pour confirmer ce résultat, Tate et al. ont mené un essai clinique pour comparer les résultats du suivi de  trois recommandations nutritionnelles simples chez des sujets en surpoids ou obèses consommant au moins 280 kcal par jour sous forme de jus, sodas, alcools, café et thé sucrés. Les deux premières recommandations visaient le remplacement de 200 kcal de ces boissons par de l’eau (« groupe eau », n=108), ou par des boissons aromatisées allégées en sucres (« groupe allégé », n=105). Les sujets du troisième groupe (« groupe témoin », n=105) recevaient des instructions générales pour améliorer leurs habitudes nutritionnelles sans faire de régime restrictif. Aucune recommandation spécifique ne leur était donnée sur les boissons sucrées. Les trois groupes de volontaires bénéficiaient du même nombre de séances et de contacts avec des professionnels de santé destinés à leur donner des conseils pratiques. En outre, ils avaient accès à un site internet pour renseigner leurs apports de boissons et accéder à de l’information nutritionnelle.

L’adhésion au programme de suivi a été supérieure dans les groupes « eau » et « allégé » (participation à 5 sessions en moyenne) par rapport au groupe témoin (4 sessions en moyenne). En outre le remplacement des boissons sucrées par de l’eau (-200 kcal environ) ou des boissons allégées (-260 kcal environ) s’est accompagnée d’une réduction plus importante des apports caloriques journaliers liés aux boissons sucrées que celle qui était constatée chez les témoins (environ -110 kcal) à trois mois et six mois de suivi. Les résultats montrent également une meilleure observance de la recommandation de diminuer les boissons sucrées quand celles-ci doivent être remplacées par des équivalents allégés. L’ensemble des patients encouragés à substituer les boissons sucrées avaient deux fois plus de chances de perdre au moins 5 % du poids que les témoins.

En pratique, cette étude a le mérite de nous rappeler que la simple détection d’une consommation excessive de boissons sucrées peut conduire à une recommandation rapide à délivrer et efficace. Bien que la perte de poids obtenue lors de la seule substitution des boissons sucrées paraisse faible, il faut souligner qu’elle est relativement facile à obtenir et surtout qu’elle peut avoir un effet non négligeable au niveau épidémiologique.

Dr Boris Hansel

Références
Tate et al. Am J Clin Nutr 2012
Tate DF et coll. : Replacing caloric beverages with water or diet beverages for weight loss in adults: main results of the Choose Healthy Options Consciously Everyday (CHOICE) randomized clinical trial. Am J Clin Nutr ., 2012 ; 95: 3 555-563. doi:10.3945/ajcn.111.026278

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Vos réactions (1)

  • 83 g par mois durant 6 mois

    Le 02 mars 2012

    Juste une réflexion... polémique.
    Une réduction de poids de 500 g à 6 mois (soit une baisse de 83,33 g par mois sur 6 mois constants) peut elle être considérée comme significative... chez un patient obèse ?
    Et qu'en est-il à 12 ou 24 mois ?
    D'autre part, il serait intéressant de connaître quelle peut être la réflexion de l'auteur quand il parle de "l'effet non négligeable au niveau épidémiologique" ?
    Quelles conclusions en tire-t-il ? Moins de "sodas" dans les lieux publics, ou près des "écoles, collèges, lycées", une taxation plus importante de ces boissons ?
    In fine, l'idée est intéressante, simple et (très modérément) efficace. Elle est donc "bonne à prendre"...sauf si elle doit déboucher sur de nouveaux moyens coercitifs dont nous connaissons tous l'inefficacité.

    Denis Passalacqua

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