PACES : les chefs de clinique-assistants réquisitionnés pour éplucher les CV

Paris, le lundi 14 mai 201 - La nouvelle plateforme Parcoursup qui remplace l’ancien système APB pour l’inscription en première année d’études supérieures intègre désormais une liste des connaissances et compétences tacitement requises pour intégrer chaque filière, autrement appelées "attendus". La Première année commune aux études de santé (PACES) ne fait pas exception à la règle et en sus de solides bases scientifiques, ceux qui se destinent aux carrières sanitaires devront être entrainés à savoir communiquer à l’écrit et à l’oral de manière rigoureuse et adaptée, avoir une certaine aisance dans au moins une langue étrangère, des compétences méthodologiques et comportementales ainsi que des « qualités humaines, d’empathie, de bienveillance et d’écoute » telles que définies par le ministère de l’Enseignement supérieur.

Dans chacune des trente-six facultés de médecine de France, c’est désormais le branle-bas de combat pour trier les milliers de dossiers de candidature des aspirants médecins, pharmaciens ou autres odontologues qui leur sont parvenus. Dans son édition du 7 mai, Le Monde relate ainsi l’exemple de l’Université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines qui va devoir passer au crible 7 300 dossiers pour fournir les 1 200 places dont elle dispose en PACES. N’ayant que 15 jours pour effectuer ce travail, la direction de l’Université a envoyé un email aux chefs de clinique-assistants des hôpitaux (CCA) pour leur demander de venir prêter main-forte aux professeurs débordés.

Absence de concertation et de formation à la sélection

La réquisition de ces personnels dans la précipitation n’est pas du goût du syndicat des chefs de clinique et assistants des hôpitaux de Paris (SCCAHP) ainsi qu’en témoigne son trésorier, le Dr Laurent Gilardin, qui estime dans les colonnes du Monde que ce processus a été « décidé dans la précipitation, sans concertation et sans formation à la procédure de sélection des étudiants ». Le risque est donc que le travail de sélection ne soit pas effectué « sérieusement » et que certains candidats soient ainsi « pénalisés ».

Du côté de la direction, le doyen de l’Unité de formation et de recherche (UFR) de la faculté, le professeur Djilali Annane, ancien conseiller de Marisol Touraine lorsqu’elle occupait le poste de ministre de la Santé, estime que l’apport des CCA dans l’analyse des dossiers de candidature ne sera pas de trop. Il leur sera demandé de noter les CV et lettres de motivation que l’immense majorité des autres doyens ont pourtant choisi de ne pas prendre en compte, tandis que les professeurs de première année seront chargés d’évaluer les appréciations des professeurs de lycée. Le Pr Annane considère en effet que ne pas prendre en compte ces éléments du dossier ne serait « pas éthique ». Pour le doyen des doyens, le Pr Jean Sibilia, cette participation des CCA est une bonne chose car elle « donne un sens à leur mission et au compagnonnage ».

Benoît Thelliez

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