Pas de différence entre le prion anglais et le prion français

Les maladies à prions ont représenté un problème important de santé publique, imposant de nombreuses mesures de protection dans les hôpitaux. Dans le cas du Creutzfeldt-Jakob iatrogène, la décroissance de l'incidence dans les pays occidentaux dès 2000 s'est confirmée en 2005.Le premier cas de Creutzfeldt-Jakob nouveau variant a été décrit en Angleterre en 1996. Depuis, 23 cas ont été rapportés en France et 162 en Grande-Bretagne (statistiques décembre 2007). Il a été rapidement établi que cette pathologie était en rapport avec l’encéphalopathie bovine spongiforme. Mais dans ces deux  pays, peut-on être certain que l’affection est liée à la même souche ? Pour répondre à cette question les membres du réseau européen (euro-CJD) ont comparé les caractéristiques cliniques, radiologiques et biochimiques des patients en France et en Angleterre.

Les patients ont débuté leur maladie à l’âge moyen de 36 ans (18-57). Des douleurs dans les membres et la face ont été le premier symptôme chez 9 malades et des troubles psychiatriques chez 12 d’entre eux. Les examens complémentaires ont été informatifs de manière variable : dosage protéine 14-3-3  positif seulement chez 9 patients, signe du pulvinar chez 21, biopsie des amygdales positive dans 19/20 cas testés. Le décès est survenu en moyenne 14 mois (8-24 mois) après le diagnostic. L’analyse neuropathologique des cas britanniques et français n’a pas montré de différence entre les deux populations. De même, les caractéristiques biochimiques de la protéine prion étaient identiques. Sur le plan épidémiologique, le pic de l’épidémie française est survenu 5 ans après celui de l’anglaise.

Toutes ces données suggèrent que les cas français et anglais ont une origine commune. La France a été un des pays européens les plus touchés en raison de l’importance de l’importation  des bovins d’origine anglaise. Les mesures drastiques employées pour  limiter la contamination humaine  semblent avoir été efficaces, ce qui montre l’intérêt du principe de précaution face aux grands périls infectieux.

Dr Christian Geny

Référence
Brandel JP et coll. : Variant Creutzfeldt–Jakob Disease in France and the United Kingdom: Evidence for the Same Agent Strain. Ann Neurol., 2009; 65: 249–256

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Vos réactions (1)

  • Pour un principe de précaution doit être réfléchi

    Le 30 mai 2009

    Imaginons que l'on ait effectivement sauvé 139 vies grâce aux mesures de précautions contre l'ESB. Quel est le coût de ces mesures ? N'aurait il pas été préférable d'utiliser cet argent au dépistage systématique d'autres maladies (cancer de la prostate, information honnête sur les risques de l'hépatite B et sur les avantages de la vaccination, lutte contre l'obésité) ou à l'amélioration de la qualité de vie des malades en phase terminale plutôt que de céder à l'emballement médiatique et au lobyisme de quelques groupes de pression. Le principe de précaution doit être réfléchi et pas seulement émotionnel.

    Dominique Defrance

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