Pas d’insouciance de l’adolescence face au cancer

Paris, le lundi 13 mars 2017 – La Ligue contre le cancer organise à partir d’aujourd’hui et jusqu’à dimanche une semaine de mobilisation. Cette opération est tout à la fois destinée à accroître l’information de la population et à récolter de nouveaux dons en faveur de la recherche et de l’amélioration du confort des malades. La Ligue attend de cet événement une participation entière de la société. Ainsi cette année, s’intéresse-t-elle spécifiquement aux plus jeunes. Régulièrement, l’organisation va à la rencontre des adolescents pour évoquer avec eux le cancer et ses facteurs de risque : 120 000 collégiens et lycéens ont ainsi reçu l’année dernière une visite des représentants de la Ligue contre le cancer au sein de leur établissement.

Des adolescents inquiets, mais confiants dans la médecine

Le sujet intéresse les plus jeunes. Ils sont pourtant relativement épargnés par le cancer : on compte 3 000 cancers pédiatriques chaque année sur un total de 385 000 nouveaux diagnostics. Cette rareté ne les empêche pas (pour la moitié des adolescents) de redouter la survenue de cette maladie pour eux-mêmes comme le met en évidence un sondage réalisé par Opinion Way pour la Ligue. Mais ils sont plus nombreux encore à s’inquiéter pour leurs parents (68 % redoutent qu’ils souffrent un jour de cancer). Cette crainte n’empêche pas l’optimisme : les jeunes gens interrogés sont une très grande majorité (82 %) à penser qu’il est possible de guérir d’un cancer. Voilà qui les rend plus optimistes que leurs aînés : une enquête réalisée en 2015 avait révélé que 55 % des Français pensent qu’on ne guérit qu’un cancer sur trois, une proportion plus alarmiste que la réalité (plus proche d’un cancer sur deux).

Les risques de l’alcool sous estimés, mais moins que par les plus âgés

L’enquête met également en évidence une connaissance de la maladie plutôt juste, même si elle reste à affiner sur les facteurs de risque. Ainsi, le tabac est cité par 94 % des jeunes gens interrogés, tandis que 67 % pensent également au cannabis ou encore à la "mauvaise" alimentation, ce qui révèle combien les messages de sensibilisation sont bien assimilés par cette génération. Concernant l’alcool, les résultats sont un petit plus décevants : il n’arrive qu’en cinquième position dans la liste, quand il est un ennemi bien plus redoutable. Mais une fois encore, les jeunes font preuve de plus de sagacité que leurs aînés, qui continuent à placer l’alcool en dixième position. Les adolescents ont en outre (comme les plus âgés) tendance à surestimer le poids de l’hérédité, facteur de risque cité par 76 % des sondés, quand moins de 10 % des tumeurs seraient en réalité liées à la transmission de mutations génétiques.

Autre bizarrerie à noter dans ce palmarès, les jeunes sont 93 % à évoquer la radioactivité, ce qui est probablement un effet secondaire du traumatisme provoqué par l’accident de Fukushima, comme le note Emmanuel James, responsable du "plaidoyer" au sein de la Ligue, cité par le Figaro. Même témoignage de l’influence des médias : les adolescents sont 89 % à considérer que les médicaments contre le cancer sont trop onéreux, ce qui est probablement le reflet des récentes controverses sur le sujet et qui met en évidence une conscience déjà assez aiguë de certains enjeux médico-économiques.

Aurélie Haroche

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