Perdre du poids grâce à la CPAP !

L’association entre obésité et syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) est courante. Elle entrait même dans le tableau du classique syndrome de Pickwik décrit en 1956, mais pressenti dès 1837 par un certain Charles Dickens. La surcharge pondérale pose un problème thérapeutique majeur, car peu de moyens sont susceptibles, sinon d’en venir à bout, du moins de l’alléger, alors même qu’elle aggrave les signes fonctionnels et les troubles métaboliques, tout en mettant en jeu le pronostic vital. De fait, toute perte de poids dans un tel contexte revêt une importance majeure.

La ventilation en pression positive continue, mieux identifiée au travers de l’acronyme anglosaxon CPAP (Continuous Positive Airway Pressure) permet-elle d’atteindre un tel objectif ? L’hypothèse est plausible, dans la mesure où elle va rendre du dynamisme à un patient enclin à la sédentarité et à la somnolence. Les résultats d’une petite étude de cohorte prospective plaident en sa faveur, dans laquelle ont été inclus 45 malades, tous atteints d’un SAOS confirmé par enregistrement polysomnographique. Une CPAP a été mise en œuvre chez tous les participants qui ont été suivis trois mois après le début de celle-ci. L’observance thérapeutique et l’indice de masse corporelle (IMC) ont été régulièrement évalués.

L’analyse finale n’a cependant porté que sur 33 participants (dont 93,9 % d’hommes), les données s’étant avérées incomplètes dans la majorité des cas. L’âge moyen était de 54,9 ± 16,9 ans, et la valeur moyenne de l’index d’apnées et d’hypopnées (IAH) de  36,3 ± 28,17 évènements par heure. L’IMC moyen, pour sa part, était, avant traitement, de 34,7 ± 3,9 kg/m2. L’observance a été jugée bonne chez près d’un patient sur deux (45,4 %), ce qui a permis de constituer deux groupes a posteriori, comparables par l’âge, le sexe, le tour de cou, l’IMC basal et l’IAH. Au terme du suivi de 3 mois, une diminution significative de l’IMC a été enregistrée chez les patients qui ont fait preuve d’une bonne observance de la CPAP, soit -1,2 ± 0,7 vs 0,3 ± 0,9 kg/m2 dans l’autre cas de figure, p ≤ 0,001).

La CPAP favorise-t-elle la perte de poids chez les patients obèses atteints d’un SAOS ? Les résultats de cette étude non contrôlée ne sauraient permettre de répondre par l’affirmative. L’absence de groupe témoin et le pourcentage élevé de sujets non inclus sont deux faiblesses méthodologiques majeures. Seul un essai randomisé permettra de confirmer une hypothèse qui, pour être plausible, n’en reste pas moins une hypothèse.

Dr Philippe Tellier

Référence
Rishi MA et coll. : Effect of Positive Airway Pressure Therapy on Body Mass Index in Obese Patients With Obstructive Sleep Apnea Syndrome: A Prospective Study. Am J Ther 2015 ; publication avancée en ligne le 5 janvier.

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Vos réactions (1)

  • Un experience négative

    Le 27 mai 2015

    J'ai cette appareil depuis plus de 3 ans, et je n'ai pas perdu un gramme, par contre je n'ai plus de somnolence diurne.

    Dr FR

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