Permanence des soins : l’Ordre des médecins est satisfait

Paris, le vendredi 14 février 2020 – Selon le rapport annuel du Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM), 92 % des conseils départementaux (CDOM) sont satisfaits de la permanence des soins sur leur territoire.

Pour la Saint-Valentin, les médecins déclarent leur amour pour la PDS. Comme chaque année, le CNOM a publié ce jeudi son rapport sur la permanence des soins (PDS), le service qui permet de répondre aux besoins en soins non programmés hors des heures d’ouvertures des cabinets libéraux. S’il y a encore quelques années, les instances ordinales se montraient inquiètes face aux difficultés connus par la PDS, la confiance est désormais au beau fixe : 70 % des CDOM se disent très satisfaits du fonctionnement de la PDS dans le département et 22 % satisfaits.

38 % des médecins participent à la PDS

En creux, ces chiffres révèlent une certaine inégalité entre les régions, avec quelques départements qui concentrent la majorité des difficultés. Sans surprise, ces problèmes sont avant tout liés à des questions de démographie médicale, avec un vieillissement et une diminution du nombre de médecins libéraux disponibles mais aussi à des difficultés d’organisation. Si les autorités ont fait le choix, défendue par le CNOM, de laisser chaque département organiser son service de PDS selon les réalités locales, cette hétérogénéité peut parfois être sources de complications. La coopération entre les hôpitaux, l’ARS et les médecins libéraux est en effet plus ou moins facile selon les régions. 

Pour améliorer la participation des médecins à la PDS, qui stagne à 38 % en 2019, les CDOM appellent notamment à des mesures financières (augmentation des forfaits et défiscalisation) et au renforcement de la participation des étudiants et des salariés. Là aussi, la participation des médecins est variable selon les régions. 17 % des territoires de PDS sont couverts par moins de cinq médecins.

L’EPHAD, l’angle mort de la continuité des soins

La grande interrogation qui parcourt le rapport de la CNOM est l’impact qu’aura sur la PDS la mise en place du futur « service d’accès aux soins » (SAS), promis par le ministre de la santé Agnès Buzyn pour l’été 2020. Cette plateforme, disponible par téléphone ou Internet, visera à orienter les patients pour les soins non-programmés et ainsi désengorger les urgences. Les instances ordinales espèrent que ce système permettra de diminuer la pression sur les services de PDS. Elles rappellent que 12 départements expérimentent un numéro d’appel à la PDS, le 116-117.

Seul point noir au milieu de ce tableau presque idyllique de la PDS, celui de la prise en charge des soins non programmés en EHPAD. Alors que les précédents rapports du CNOM avait déjà pointé du doigt la situation alarmante de la PDS sur ce front, rien ne semble avoir été fait pour améliorer les choses : seuls 9 départements organisent un dispositif spécifique de PDS en EHPAD. Dans son communiqué, le CNOM se contente de déclarer « poursuivre sa réflexion sur la gestion des soins non programmées au sein de ce nouveau contexte organisationnel ».   

QH

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Vos réactions (1)

  • Mensonge

    Le 14 février 2020

    Les seules personnes qui n'ont pas de problèmes en cas d'urgences médicales, ce sont les médecins qui peuvent bénéficier sans délais d'un examen par un autre confrère. Suis-je méchant ou réaliste ?
    Pour les autres patients, avoir le culot de dire qu'ils ne rencontrent pas de problèmes de gardes médicale relève du mensonge.

    Là où j'habite, il n'y a plus un seul médecin généraliste disponible le vendredi après 17 heures et même avant...
    Les patients peuvent aller dans un service d'urgence proche où la majorité
    des médecins n'a aucune compétence et qu'on peut voir après une heure ou deux. Souvent les infirmières donnent de meilleurs conseils !

    Il m'arrive de recevoir des demandes de patients qui n'ont pas réussi à avoir un avis médical. Je les oriente vers des hôpitaux plus lointains et plus sérieux.
    Exceptionnellement, il m'arrive
    d'examiner des patients se présentant chez moi avec des plaintes graves.
    Je les accompagne dans l'ambulance dans des centres "normaux".

    Notre région est-elle la seule à rencontrer des problèmes de gardes médicales ? J'en doute !

    Dr Guy Roche, ancien interniste

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