Peut-être un premier succès de la thérapie génique dans la maladie de Parkinson

Depuis plus d’une décennie, de nombreux chercheurs tentent de trouver une substance pouvant  ralentir l’évolution de la maladie de Parkinson. L’espoir suscité par  les greffes fœtales n’a pu se concrétiser notamment en raison des difficultés d’obtention de tissu à greffer. Les cellules souches sont, pour le moment, très loin de l’application thérapeutique. Une des manières de lutter contre la neurodégénérescence serait de favoriser la survie des cellules neurales avec des facteurs neurotrophiques. Le GDNF (Glial cell line-derived neurotrophic factor) a été le premier facteur neurotrophique testé car des études préliminaires avaient montré des résultats positifs chez le primate. Malheureusement, les premiers essais chez l'homme se sont finalement avérés négatifs.

Autre facteur neurotrophique, la neurturine est un analogue du GDNF qui améliore la survie des neurones dopaminergiques dans des modèles primates de maladie de Parkinson. Une équipe américano-canadienne a entrepris un essai dans lequel l’approche choisie pour amener la neurturine au cerveau a été le transfert de gène par l’intermédiaire d’un vecteur adénoviral. Le gène codant pour la neurturine (gène NTR) est ainsi supposé pouvoir être intégré dans le génome de cellules cibles, être exprimé par celles-ci et influencer le mécanisme dégénératif ou remplacer le neurotransmetteur défaillant.

Après avoir vérifié l’efficacité du vecteur adénoviral chez des animaux, les chercheurs ont employé ce vecteur chez 12 patients dans le cadre d'une étude ouverte de phase I. Ces sujets souffraient d'une maladie de Parkinson évoluant depuis plus de 5 ans. L'injection a été faite de manière stéréotaxique dans les 2 putamens. Le suivi a un an  n'a pas mis en évidence d'effets indésirables. Bien que ce ne fut pas son objectif, cette étude a montré des résultats cliniques encourageants. En effet au cours  des évaluations motrices sans médicaments (état OFF), le score (qui est donc ici le reflet de la dénervation dopaminergique) s’est amélioré en moyenne de 14 points ainsi que le temps de marche en état off et la performance manuelle au purdue pegboard. La durée de bien être dans la journée était aussi augmentée. Paradoxalement, il n'y a pas eu de modification des biomarqueurs métabolique (18 FluoroDOPA).

Cet essai est considéré comme positif par les auteurs. Il pourrait donc s'agir du premier succès de thérapie génique dans les maladies dégénératives du système nerveux. Mais ce n'est qu'une phase I et l'amélioration clinique observée peut évidemment n'être qu'un effet placebo. Les auteurs en sont parfaitement conscients et annoncent qu'une étude multicentrique, prospective, contrôlée et en double aveugle a débuté.

Dr Christian Geny

Références
Marks WJ. Safety and tolerability of intraputaminal delivery of CERE-120 (adeno-associated virus serotype 2–neurturin) to patients with idiopathic Parkinson's disease: an open-label, phase I trial. Lancet Neurology, 2008 ; 7 : 400-408. DOI:10.1016/S1474-4422(08)70065-6

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