Plus de protéines pour minimiser le risque de chute chez le sujet âgé ?

Les apports protéiques jouent un rôle physiologique essentiel, puisque de leur régularité et de leur quantité, dépend le bon fonctionnement de l’organisme. Les protéines de l’alimentation ne sont pas qu’une source d’énergie : elles permettent surtout de fournir des acides aminés dont certains essentiels qui vont servir à la synthèse des protéines constituant les infrastructures cellulaires tout autant que les tissus et les médiateurs chimiques que sont les enzymes, les hormones ou les anticorps. L’intégrité structurale et fonctionnelle des muscles repose en partie sur des apports protéiques suffisants. Leur impact sur la force musculaire segmentaire est plus que probable et, à ce titre, il n’est pas vain de rechercher une relation entre ceux-ci et le risque de chutes chez le sujet âgé.

C’est là l’objectif d’une étude de cohorte prospective réalisée en Espagne dans laquelle ont été inclus 2 464 sujets des deux sexes âgés d’au moins 60 ans, vivant tous au sein de la communauté, recrutés entre 2008 et 2010 et suivis jusqu’en 2012. L’apport protéique basal a été évalué au moyen d’un questionnaire validé. Au terme du suivi, les participants ont fait le compte des chutes survenues dans l’année précédente. Une stratification a été faite en intégrant toute perte de poids non intentionnelle d’au moins 4,5 kg là aussi dans l’année qui a précédé. Les données ont été traitées à l’aide d’une analyse multivariée par régression logistique avec ajustement selon les principaux facteurs de confusion potentiels.

Plus de 20 pour cent sont tombés au moins une fois

Au total, 522 participants ont (21,2 %) ont fait état d’au moins une chute dans la période précitée. Aucune association significative n’a été décelée dans la cohorte entre le risque de chute et les apports protéiques, la comparaison intertertile (inférieur vs tertiles supérieurs) aboutissant de fait aux résultats suivants (odds ratios et intervalles de confiance à 95 %) : 1,00 (inférieur), 0,86 (0,66-1,11) et 0,93 (0,70-1,24) (p = 0,14). Néanmoins, l’analyse qui a pris en compte la perte de poids non intentionnelle a abouti à des résultats bien différents. En effet, chez les 163 participants (6,8 %) qui, bien malgré eux, ont perdu plus de 4,5 kg au terme du suivi, le risque de chute s’est avéré inversement associé aux apports en protéines, la comparaison intertertile aboutissant aux chiffres suivants : 1,00, 0,68 (0,21-2,23) et 0,23 (0,05-1,08) (p = 0,01).

Cette étude n’objective aucune association significative entre les apports protéiques et le risque de chutes chez le sujet âgé si l’on considère la cohorte dans sa globalité. Dans le cas d’un amaigrissement non voulu et conséquent (4,5 kg dans l’année qui précède), il semble néanmoins que des apports élevés en protéines atténuent significativement ce risque : un effet sélectif qui mérite d’être confirmé sur une plus grande échelle.

Dr Philippe Tellier

Référence
Sandoval-Insausti H et coll. : Protein Intake and Risk of Falls: A Prospective Analysis in Older Adults. J Am Geriatr Soc., 2019; 67(2): 329-335.

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