Plus d’un bain par semaine favoriserait la dermatite atopique à 3 mois

Les expositions à des facteurs environnementaux influencent la qualité de la barrière cutanée. Elles peuvent par cet intermédiaire avoir un impact sur le développement d’une dermatite atopique et d’une sensibilisation alimentaire pendant la petite enfance. Parmi ces facteurs environnementaux auxquels est exposée la peau des jeunes enfants, certains concernent l’hygiène corporelle, et particulièrement la fréquence des bains.

Pour le prouver, une analyse observationnelle a été menée sur les enfants participant à l’étude EAT (Enquiring About food Tolerance) menée au Royaume-Uni dont le but était d’évaluer l’impact de l’introduction précoce de 6 allergènes alimentaires sur le risque d’allergie. La fonction de la barrière cutanée a été évaluée par la mesure de la perte en eau transépidermique avant les consultations pour dermatite atopique et tests cutanés, à 3 et 12 mois. Les parents ont été interrogés sur la régularité des bains et des soins d’hydratation cutanée (fréquence des bains, utilisation de lingettes, de bains moussants, savons ou shampoings) et pour savoir s’ils avaient noté une sécheresse cutanée chez leur enfant.

Après ajustement pour les antécédents familiaux de dermatite atopique, de l’hérédité dans les mutations dans le gène de la filaggrine (protéine cutanée), du fait que les parents aient noté ou non une peau sèche, et de l’utilisation de produits émollients, il apparaît qu’à l’âge de 3 mois, l’altération de la barrière cutanée est directement associée au nombre de bains par semaine.. Chaque bain supplémentaire dans la semaine augmente de 21 % la mesure de la perte en eau transépidermique. Donner plus d’un bain par semaine à l’enfant augmente de 69 % le risque de dermatite atopique à 3 mois, en comparaison à un seul bain par semaine. Cette relation semble disparaitre à l’âge de 12 mois. En revanche, il a été noté à cet âge-là une relation inverse entre le nombre de bains et le risque de positivité des tests cutanés de sensibilisation aux allergènes alimentaires (arachide et œufs). Notons qu’il n’a pas été relevé de corrélation entre nombre de bains et positivité des tests sériques d’allergie à 12 mois.

Ces données soulignent l’intérêt de délivrer des conseils d’hygiène précis aux parents de jeunes enfants, dans le cadre de la prévention des allergies.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Marss T. : Increased bathing during infancy is associated with impaired skin barrier function, increased atopic dermatitis and reduced skin prick sensitisation to peanut and egg. Congrès annuel de l’Académie Européenne d'Allergie et d'Immunologie Clinique. Du 6 au 8 juin 2020 (virtuel).

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