PMA pour toutes : Agnès Buzyn plaide pour la levée de l’anonymat du don de sperme

Paris, le lundi 24 juin 2019 – Plusieurs fois repoussé, le texte qui révisera les lois de bioéthique devrait être présenté en conseil des ministres fin juillet et discuté au parlement à partir du mois de septembre.

PMA pour toutes : aucun problème éthique

Dans le Journal du dimanche, le ministre de la santé, Agnès Buzyn en a dévoilé les contours.

Pour le ministre « l'ouverture de la PMA à toutes les femmes ne trahit aucune valeur éthique fondamentale » et elle rappelle que « de nombreuses études scientifiques montrent que les enfants élevés par des couples homoparentaux sont aussi heureux que les autres ».

Néanmoins, pour Agnès Buzyn, cette évolution des critères d’accès à la PMA devrait conduire à un changement concernant le don de sperme. 

Ainsi, le ministre affirme sa position : « je suis donc favorable à l'idée de lever le voile sur l'origine de la filiation pour tous. C'est cohérent avec notre volonté d'ouvrir l'accès aux origines aux enfants nés d'un don. L'anonymat au moment du don sera préservé, mais il s'agit ensuite de permettre à l'enfant d'avoir accès à son histoire et à l'identité de son donneur quand il aura atteint ses 18 ans », soit sous forme d’informations « non identifiantes » soit à son identité complète selon la volonté initiale du donneur.

Reste que « les modalités de cet accès aux origines » sont encore à l’étude au Conseil d'État précise Agnès Buzyn qui assure qu’une telle réforme ne s’accompagnera pas d’une raréfaction des dons, mais plutôt d’un changement de profil des donneurs.

Sur les autres points, Agnès Buzyn s’affirme en faveur de la conservation des ovocytes « à partir de 30 ou 32 ans ».

Elle est en  revanche davantage réservée concernant la PMA post-mortem. Bien qu’elle concède qu’une telle question « mérite débat », elle estime que le « projet parental d'une femme célibataire ne peut pas se comparer au projet d'un couple frappé par le deuil ».

Enfin, elle se montre hostile à la recherche d'anomalies chromosomiques chez l'embryon, pour deux raisons, techniques d’une part : « les connaissances sont insuffisantes à ce stade pour faire bouger la loi » et éthiques d’autre part « jusqu'à quel point voulons-nous garantir la normalité d'un enfant ? » s’interroge-t-elle. On rappellera néanmoins que la recherche d’anomalies chromosomiques chez l’embryon avant réimplantation dans le cas d’une FIV, réalisée dans d’autres pays, est principalement destinée à améliorer les chances de réussite de la FIV et à éviter des avortements thérapeutiques ultérieurs… sans doute pas à satisfaire un quelconque plan eugénique.

F.H.

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Vos réactions (3)

  • Perte de donneurs

    Le 29 juin 2019

    Malgré toutes les précautions, les dons vont se raréfier.

    Dr JD

  • Bien vu

    Le 30 juin 2019

    Voilà une excellente façon de dire qu'on est pour la PMA pour toutes tout en raréfiant les dons de sperme, et donc sournoisement en limiter l'accès, y-compris aux couples hétérosexuels.
    Bien vu Agnès !

    Dr PAM

  • Que tous ces docteurs Frankenstein...

    Le 30 juin 2019

    ...se démerdent (pardon pour le gros mot, mais je n'en vois pas d'autre) avec le ou plutôt les monstres sociétaux qu'ils s'obstinent à fabriquer depuis des décennies. L'officialisation de la fabrication d'enfants sans père avec participation des médecins et prise en charge par les contribuables et assurés sociaux, autrement dit ce qu'on est en train de concocter avec la "PMA pour toutes", en est un et non des moindres, et surement pas le dernier: la fabrication d'enfants sans mère (GPA) suivra mécaniquement, comme le mariage homosexuel a suivi le PACS, et la PMA suit le mariage homosexuel: il est d'ailleurs intéressant de ressortir les articles des médias bien pensants à l'époque, qui déversaient toutes les insultes possibles sur ceux qui alertaient sur l'inéluctable enchaînement.

    ça me rappelle cette caricature de la fin des années trente, ou on voyait un politicien qui déclarait successivement avec autant de conviction que d'indignation:
    "Il n'est pas question de mobilisation" puis "la mobilisation n'est pas la guerre": troisième image, un soldat couché sur le sol, et au dessous "rien à signaler sur l'ensemble du front".

    Alors oui, il est inévitable que la question de l'accès aux origines de ces enfants sans père se posera un jour ou l'autre, à ceux qui conduisent nos sociétés dans cette direction de résoudre le problème qu'ils auront créé de toutes pièces; pour ma part, je m'en lave les mains.

    Dr Jean-Marc Ferrarini

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