Pour orienter le diagnostic on demande le score de PPDA !

Bien que l’augmentation constante de sa prévalence (multipliée par 2 à 3 au cours des 3 dernières décennies) pourrait finir par faire de la dermatite atopique (DA) un « sujet » au JT,  on en restera pour le moment à emprunter, à un ci-devant présentateur, ses initiales pour désigner un nouveau questionnaire, destiné à permettre d’orienter vers le diagnostic de DA et à faciliter ainsi une prise en charge précoce par le dermatologue : le PPDA pour Présomption Pour une Dermatite Atopique.

Articulé autour de 20 questions, et mis au point à partir de la revue de la littérature internationale et d’entretiens auprès d’experts et de malades, le PPDA a été testé sur une large population de 1 667 patients (ou leurs parents) consultants « tout venants » en dermatologie. Une fois le questionnaire rempli, les patients ont été vus par le dermatologue qui a diagnostiqué ou non une DA. Le score moyen de PPDA était de 7,18 ± 5,55 sur l’ensemble des participants mais de 13,2 ± 6 en présence d’une DA, vs 6,24 ± 4,84 en son absence. Chez les sujets souffrant effectivement de DA, le score variait en fonction de la sévérité de l’atteinte.

Il semble donc aux concepteurs du questionnaire que cet outil soit suffisamment discriminant pour permettre à un médecin d’évoquer une DA et d’orienter son patient vers une consultation en dermatologie. Des évaluations et des ajustements sont certainement encore nécessaires pour dire quel sera l’avenir de PPDA …

Toujours la question de l’allergie alimentaire

Une autre question pendante et récurrente dans la DA, est celle de la prévalence de l’allergie alimentaire au cours de cette affection chez l’enfant, cette dernière variant de 33 à 66 % selon les études...L’équipe de Toulouse a souhaité apporter de nouveaux éléments et présente les résultats du suivi prospectif clinique et allergologique de 400 enfants vus consécutivement entre mai 2002 et décembre 2008 à la consultation d’allergologie pédiatrique du CHU. Trois cent vingt trois (157 garçons, âge médian 4,2 ans) d’entre eux présentaient une DA selon les critères de Williams (SCORAD médian 19,8). La fréquence de l’allergie alimentaire, diagnostiquée sur les prick tests, le dosage des IgE spécifiques, les patch tests aux aliments et les tests de provocation orale, a été calculée à 19,6 % chez ces enfants atteints de DA. Les allergènes les plus souvent en cause étaient l’œuf, l’arachide et le lait de vache.

La présence d’une allergie alimentaire était associée avec un jeune âge (moins de 1 an) et une sévérité plus importante de la dermatose. En revanche, aucune association significative n’a été retrouvée avec le sexe, l’allaitement maternel, la diversification alimentaire, l’asthme, la rhinoconjonctivite, les antécédents atopiques familiaux. 

La prévalence de l’allergie alimentaire au cours de la DA, retrouvée dans ce travail est plus basse que celle constatée dans d’autres travaux, probablement en raison de l’utilisation de critères diagnostiques stricts.

Dr Marie-Line Barbet

Références
Misery L et coll. : PPDA, un outil d’orientation diagnostique pour la dermatite atopique.
Giordano-Labadie F et coll. : Prévalence et facteurs de risque de l’allergie alimentaire dans la dermatite atopique de l’enfant : étude d’une cohorte de 323 enfants.
Journées dermatologiques de Paris 2009. 8-12 Décembre 2009.

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