Pourquoi les liens entre Donald Trump et Andrew Wakefield sont-ils inquiétants ?

Paris, le samedi 3 décembre 2016 – Par opportunisme électoral mais souvent également en raison d’une composante de sa personnalité qui semble le pousser à l’inconstance, le président élu des Etats-Unis a vu sa position changer quasiment du tout au tout sur de multiples sujets. Aujourd’hui, cette propension pourrait soulager certains des Américains qui ne l’ont pas soutenu dans les urnes. Depuis son élection, Donald Trump a en effet multiplié les déclarations, suggérant (jusqu’au prochain revirement) qu’il pourrait ne pas appliquer certaines des propositions les plus contestées de son programme. Il y a cependant au moins un sujet sur lequel le discours de Donald Trump n’a pas varié : son opposition aux vaccins.

« Nous pouvons tous nous sentir en sécurité »

S’il est de coutume d’affirmer que la défiance vis-à-vis de la vaccination est une maladie française, de nombreux autres pays sont aussi touchés, et notamment les Etats-Unis. Les courants anti-vaccins sont puissants et bénéficient d’appuis politiques importants, notamment dans le rang des Républicains. Certaines enquêtes sociologiques ont même pu mettre en évidence un lien entre l’affiliation à ce camp politique et le vaccino-scepticisme. Avant même de devenir le poulain du camp Républicain, Donald Trump partageait cette défiance.

Il a ainsi régulièrement raconté comment son épouse Mélania et lui-même affichaient une grande prudence quant à la vaccination de leur fils Baron, âgé aujourd’hui de dix ans. Plus grave, Donald Trump a publiquement régulièrement prêté foi aux allégations imputant un lien entre autisme et vaccination par le ROR qui ont pourtant été totalement démontées. Il a notamment affiché sa sympathie pour le tenant de cette thèse frauduleuse, l’ancien médecin britannique Andrew Wakefield. D’ailleurs, comme le relève Slate.com, la directrice d’un centre de recherche sur l’autisme également convaincue du lien entre cette maladie et la vaccination s’est félicitée sur Facebook : « Maintenant que Trump a gagné, nous pouvons tous nous sentir en sécurité ».

Tous ne partagent pas cette étonnante conviction et redoutent la nomination aux plus hauts postes des autorités sanitaires de personnalités opposées à la vaccination.

Le cas Baron Trump

On notera en guise de conclusion que cette opposition inquiétante et cet intérêt lui aussi constant de Donald Trump pour la lutte contre l’autisme (qu’il qualifie d’épidémie) ont trouvé un écho singulier sur les réseaux sociaux. Ces derniers ont vu déferler des vidéos de Baron Trump, le dernier fils du nouveau Président, affirmant que le jeune garçon souffre de troubles autistiques. Tantôt moqueuses pour les attitudes gênées et timides de l’enfant, tantôt affirmant vouloir mettre fin à la discrimination dont souffrent les autistes par la présentation de ces images, ces vidéos sont l’objet de polémiques et controverses sans fin sur Twitter. Au-delà de l’instrumentalisation dérangeante d’un petit garçon et du caractère vain d’élucubrations non médicales reposant sur de simples images, cette campagne médiatique revêt un caractère ironique certain.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (3)

  • VAXXED, from cover up to catastrophe !

    Le 03 décembre 2016

    Le problème, chère Madame, est que la relation entre le vaccin MMR et l'autisme n'a rien d'une élucubration, comme les semaines à venir vont le démontrer... Le CDC américain, dont Julia Gerberding était la directrice de 1998 au 20.1.2009 avant de devenir Présidente de la branche vaccins Merck, a bien camouflé les résultats de l'étude menée de 2000 à 2002 (et dont on a fait disparaître en 2004 - en partie- les résultats après une tergiversation de 2 ans) sur cette relation. Etude menée justement après les déclarations d'A. Wakefield en GB (ayant collaboré alors avec les Prs Murch et Smith qui n'ont pas été inquiétés) et qui donnait jusqu'à 7 fois plus d'autisme avec ce vaccin chez les afro-américains de moins de 3 ans. Révélations déclarées au Congrès par le député de Floride Bill Posey ayant recueilli la confession du Dr W. Thompson, l'un des co-auteurs de l'étude. Un film en est sorti qui devait être diffusé, grâce au Sénateur Bartolomeo Pepe, au Sénat italien ce 4 octobre mais qui a été censuré 6 jours avant par la Ministre de la Santé italienne B. Lorenzin et le Pt du Sénat P.Grasso... Ainsi va démocratie comme au sein du Comité de concertation citoyenne dont le compte-rendu donné ce 30 novembre est truffé de mensonges... Mais tôt ou tard la vérité fera surface... aidée, je l'espère, par D. Trump en dehors du système mafieux qui s'est installé dans les politiques vaccinales.

    Serge Rader

  • Convainquant !

    Le 07 décembre 2016

    Votre argumentation est convainquante Mr Serge Rader. Nous vivons une époque formidable où le profit passe avant toute considération et l'histoire du ROR est une parmi une multitude d'histoires interessant le domaine de la santé, divulguées crâce à l'essor des nouveaux moyens de communications. Théorie du complot ? Peut être pas aussi simple que ça !

    Dr Boudjemaa Chentouh

  • Pas de complot, la réalité !

    Le 08 décembre 2016

    Absolument d'accord, cher Dr, et ce n'est qu'un début, d'autres scandales encore plus retentissants qu'incroyables vont sortir dans l'actualité. Tout cela à cause du tout fric, la santé des populations étant insignifiante pour ces multinationales corruptrices...

    Serge Rader

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