Pourquoi n’est-il finalement pas si douloureux d’avoir une famille ?

Paris, le samedi 14 juillet 2018 – Les histoires vécues par l’oncle Paul entre le Cashmere et l’Andalousie, les mystères entourant la cousine Amélie n’ayant jamais trouvé mari malgré sa grande beauté ou ce secret que l’on se murmure quand les enfants sont couchés : ces intrigues familiales ne servent pas seulement à nourrir les disputes et les romans. Elles seraient, selon certains, également à l’origine de certains des maux psychiques mais aussi somatiques que nous développons. Ne pas parvenir à donner naissance à un troisième enfant, n’est-ce pas par fidélité à la tante Nadia qui multiplia les fausses couches après la venue au monde de son cadet ? Présenter sans cesse des douleurs cervicales : et si c’était la réminiscence d’un très lointain arrière grand-oncle qui paya d’une décapitation sa fidélité à Louis XVI ?

Je hais les familles

Ces thèses que certains jugeront probablement farfelues sont pourtant ce qui sous-tend en partie (mais beaucoup regretteront probablement nos raccourcis) la psychogénéalogie. Cette discipline connaîtrait un succès croissant. Le Figaro nous signale ainsi qu’à Paris 45 psychogénéalogistes exercent. Ces derniers proposent à leur patient d’établir leur arbre généalogique à la recherche de l’ancêtre dont le trouble, la faute ou le secret pourraient tout expliquer. Une fois le mystère trouvé, des séances d’hypnose ou autres « soins énergétiques » sont parfois préconisés pour se débarrasser de ces « fantômes » gênants (le terme de fantômes étant parfois « officiellement » employé). Pour de nombreux observateurs, ces méthodes sont non seulement dénuées de fondements scientifiques, mais potentiellement dangereuses, notamment parce qu’elles peuvent profiter de la vulnérabilité de ceux qui consultent. Nicolas Gaillard, cofondateur du Collectif de recherche transdisciplinaire esprit critique et sciences remarque interrogé sur ce sujet par le Figaro : « C’est un raisonnement à rebours où les causes sont livrées a posteriori pour expliquer l’origine de troubles. Les psychogénéalogistes trient les données pour ne garder que celles qui les intéressent (…). Les liens établis sont essentiellement fondés sur des coïncidences ». De son côté, le centre contre les manipulations mentales n’exclut pas que la psychogénéalogie puisse faire le lit de ruptures familiales abusives ou de faux souvenirs induits. Sans doute ces mises en garde n’empêcheront pas les livres consacrés à la psychogénéalogie de continuer à connaître le succès croissant qui est le leur. Et l’on peut en tout cas espérer que l’ancêtre de Mbappé n’ait pas échoué trop près du but à une compétition importante pour lui !

A.H.

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