Pourquoi Tom Watson ne veut-il pas jouer au Monopoly ?

Londres, le samedi 30 mars 2019 – Il est secrétaire d’Etat pour les questions culturelles, les médias et les sports du cabinet fantôme de l’opposition travailliste britannique, mais s’intéresse également aux questions de santé. Et notamment à la lutte contre l’obésité. S’il se montre si engagé sur le sujet, c’est qu’il est personnellement concerné. Depuis longtemps, Tom Wastson lutte en effet contre un important surpoids, qui a contribué à l’installation d’un diabète de type 2, diagnostiqué en 2015. La découverte de la maladie a représenté un véritable choc pour le député qui a entrepris un rééquilibrage alimentaire drastique qui lui a permis de perdre 44 kilos et d’éviter une aggravation de sa maladie endocrinienne. Parallèlement à ce combat personnel, l’élu mène une croisade contre les multiples facteurs qui favorisent l’obésité et le surpoids dans nos sociétés modernes.

La case obésité dès le départ

La Grande-Bretagne est bien plus concernée encore que la France. Près de deux tiers des adultes sont en surpoids ou obèses. Ce phénomène concerne également les jeunes enfants : un quart de ceux âgés de cinq ans souffrent de surpoids ou d’obésité et un tiers à la sortie de l’école primaire. Si toute la société est touchée, les plus pauvres en pâtissent plus encore.  Face à ce phénomène, les pouvoirs publics tentent de se mobiliser activement depuis plusieurs années à travers des campagnes de promotion d’une alimentation saine et de l’exercice physique. Aujourd’hui, le gouvernement veut aller plus loin et s’oriente vers une limitation de la publicité pour les aliments gras et sucrés, non seulement à la télévision mais aussi sur internet, en particulier lors des programmes et sur les sites vus et fréquentés par les plus jeunes.

Un drôle de paradis

Mais pour Tom Watson, une telle action ne peut être efficace que si toutes les opérations marketing susceptibles de favoriser une alimentation délétère sont mieux contrôlées voire restreintes. Tom Watson vise notamment le programme Monopoly déployé tous les ans par les restaurants Mac Donald. Ce jeu invite les consommateurs à repérer les vignettes gagnantes dans l’espoir de décrocher quelques prix prometteurs : voyage, voiture ou encore importante somme d’argent. D’autres lots sont moins séduisants mais consolateurs : certaines vignettes donnent droit à une glace, un hamburger ou une barquette de frites. Bien sûr, les plus gros consommateurs, cumulant les vignettes ont les plus grandes chances de gagner.

Pas de paix possible

Tom Watson considère cette initiative comme un réel scandale et presse Mc Donald de faire preuve de responsabilité sociale en interrompant ce jeu qui favorise l’obésité, notamment chez les plus pauvres, qui sont plus susceptibles de fréquenter ces restaurants. «Il est inacceptable que cette campagne ait pour but de forcer les familles à commander de la malbouffe plus souvent et en plus grosse quantité », a déclaré l’élu. «Les entreprises ont une responsabilité morale envers leurs clients et, en tant que société, nous avons la responsabilité de protéger la santé de nos enfants. Je vous demande de repenser cette stratégie de toute urgence: McDonald’s doit cesser de jouer sur les espoirs des gens et de donner la priorité au profit sur la santé publique. Je vous supplie d’annuler cette campagne marketing ». Mais l’entreprise a jusqu’alors refusé de répondre à cette demande. Elle a fait valoir que « Le choix du client est au cœur de tout ce que nous faisons, y compris notre opération populaire Monopoly ». Elle a par ailleurs souligné les efforts engagés ces dernières années pour améliorer l’information des consommateurs sur la composition de ses produits et leur valeur nutritive et pour diversifier l’offre proposée. D’ailleurs, cette année, les lots les plus importants du jeu Monopoly pourront tout aussi bien figurer sur des produits de taille normale que sur les mets géants, tandis qu’il sera possible de gagner des carottes ou des salades et non pas seulement des frites et des sodas ! Pas sûr que cela suffise à satisfaire la faim de responsabilité sociale de Tom Watson.

Aurélie Haroche

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article