Pourquoi vaut-il mieux désormais éviter de mettre de l’eau dans son vin ?

Washington, le samedi 12 octobre 2019 – Les jeunes américains branchés ne boivent presque plus que ça. Le phénomène est tel qu’il a été scruté par quelques grands titres de la presse, tel le Washington Post. A y regarder de plus près, pourtant, ça ressemble à de l’eau. De l’eau pétillante. Le goût pour sa part serait proche de celui de certains sodas très chimiques : il faut être un fin palais pour reconnaître le pamplemousse ou encore le citron ; bien que les fabricants promettent évidemment qu’ils utilisent des arômes naturels. Il faut l’être plus encore pour déceler la présence de l’alcool. Pourtant, ces boissons contiennent bien entre 5 à 14 % d’alcool selon les marques.

Faible teneur calorique

« Nos boissons sont fabriquées avec des ingrédients simples et sans arômes artificiels. L'alcool vient de céréales fermentées. Nous ajoutons ensuite de l'eau gazéifiée, de la canne à sucre et du vrai jus de fruit, après la fermentation, pour améliorer le goût final », détaille interrogé par le Parisien la firme White Claw, dont les ventes ont explosé cet été. Car si ces eaux pétillantes alcoolisées existent depuis 2013, ce n’est que depuis dix-huit mois qu’elles sont la vedette des cocktails et des soirées entre amis. En 2018, les ventes ont en effet progressé de 169 % par rapport à l’année précédente et 2019 devrait réserver des surprises plus étonnantes encore. L’une des clés de ce succès réside dans le faible apport calorique de ces boissons comparativement à la bière ou aux premix classiques. Or, chez certains adolescents et jeunes adultes, notamment les femmes, la préoccupation est telle que certains choisissent parfois de boire sans manger, afin de limiter les apports. Ces boissons légères (mais pas nécessairement en alcool) répondent donc à un désir souvent exprimé.

Tromper la jeunesse

Réponse stratégique et marketing habile, ces boissons qui ne sont pas encore disponibles en France mais qui font déjà des ravages en Grande-Bretagne, suscitent la circonspection, voire la colère des spécialistes de lutte contre l’alcoolisme.

Ils considèrent, à l’instar du patron de SOS Addiction, le docteur William Lowenstein cité dans le Parisien qu’elles constituent une incitation supplémentaire à boire en direction des jeunes. Des mises en garde qui devraient sans doute être répétées si l’eau pétillante alcoolisée débarquait en France.

Léa Crébat

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