Pré-diabète : l’étau se resserre

Selon les experts de l’American Diabetes Association (ADA), plus de 70 % des « pré-diabétiques » présenteront un jour un diabète. Rappelons que le pré-diabète est défini par des glycémies à jeun supérieures à la norme mais inférieures au seul fixé pour le diabète ou par des glycémies anormalement élevées après une charge de glucose. Un article paru dans la revue Science en 2019 considérait toutefois le pré-diabète comme un « diagnostic douteux », opinion reflétant la controverse autour de ce terme.

La nécessité d’un consensus a poussé une équipe chinoise à réaliser une méta-analyse dont l’objectif était d’évaluer l’association entre le pré-diabète et le risque de mortalité toutes causes et de pathologies cardiovasculaires, dans la population générale et pour les patients présentant une pathologie cardiovasculaire d’origine athéromateuse. Les auteurs ont inclus 129 études réunissant plus de 10 millions de personnes. Le pré-diabète est défini ici selon les normes plus strictes de l’ADA (entre 1 g/l et 1,25 g/l) et celles de l’OMS (entre 1,10 et 1,25 g/l). L’intolérance au glucose est définie par une glycémie entre 1,40 et 1,99 g/l après une charge de 75 g de glucose).

Augmentation du risque de mortalité toutes causes et de celui de pathologie cardiovasculaire

Trois données majeures émergent de cette analyse. Il apparaît en premier lieu que, en comparaison avec la normoglycémie, les glycémies à jeun comprises entre 1 g/l et 1,25 g/l sont associées à une augmentation du risque de mortalité toutes causes et de celui de pathologie cardiovasculaire, dans la population générale et chez les patients atteints de pathologie cardiovasculaire. Pour les premiers et au cours d’un suivi moyen de 10 ans, le risque relatif de mortalité est augmenté de 13 %, celui de pathologies cardiovasculaires de 15 %, de coronaropathie de 16 % et d’accident vasculaire cérébral de 14 %. Pour les seconds et au cours d’un suivi moyen de 3 ans, le risque de mortalité est augmenté de 36 %, de pathologie cardiovasculaire de 37 %, et de coronaropathie de 15 %. Mais, le pré-diabète n’est pas associé ici à une augmentation significative du risque d’accident vasculaire cérébral.

Il apparaît ensuite que, pour la population générale, l’intolérance au glucose est associée à une plus forte augmentation du risque de mortalité toutes causes, de coronaropathie et d’accident vasculaire cérébral. Enfin, last but not least, le risque de mortalité toutes causes associé à l’hyperglycémie à jeun est principalement attribué aux glycémies comprises entre 1,10 et 1,25 g/l, confortant les voix qui s’élèvent contre les normes strictes édictées par l’ADA.

Ces résultats renforcent les recommandations d’un dépistage régulier et d’une prise en charge adaptée de ces états de pré-diabète.

Dr Roseline Péluchon

Références
Cai X et coll. : Association between prediabetes and risk of all cause mortality and cardiovascular disease: updated meta-analysis. BMJ 2020;370:m2297. doi.org/10.1136/bmj.m2297

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