Près de 400 000 enfants seront vaccinés contre le paludisme d’ici 2020

Paris, le mercredi 26 avril 2017 – A l’occasion hier de la journée mondiale contre le paludisme, des chiffres encourageants ont été rappelés. Entre 2000 et 2015, l'incidence du paludisme a baissé de 37 %, tandis que sa mortalité reculait de 60 %. L’élimination du parasite est à portée de main dans certaines régions du monde (Caucase, Asie centrale, Asie de l’est) et si l’Afrique paye encore un très lourd tribut, des progrès importants ont également été réalisés sur ce continent.

La multiplication par 20 des investissements au cours des quinze dernières années est la clé de ce succès. Un déploiement massif des principaux outils de lutte anti vectorielles, conjugué à un diagnostic élargi et à une prise en charge précoce ont permis d’atteindre ces résultats.

Des résultats peu spectaculaires mais encourageants

Pour parfaire cette lutte d’autres développements  sont espérés. Longtemps l’espoir de bénéficier d’un vaccin, notamment contre Plasmodium falciparum a été nourri par les responsables mondiaux de la santé. Cependant, pour l’heure, aucun produit testé n’a permis d’obtenir des résultats aussi élevés en termes d’efficacité que les vaccins dirigés contre d’autres micro-organismes  . Néanmoins, depuis plusieurs années le vaccin RTS.S des laboratoires britanniques GSK (GlaxoSmithKline) suscite l’attention. Mosquieix produit en partenariat avec l’Initiative pour un vaccin contre le paludisme et soutenu par la Fondation Gates est un vaccin recombinant avec adjuvant qui associe une protéine du Plasmodium falciparum fusionnée et combinée à des antigènes de surface du virus de l’hépatite B, sous forme de particules analogues à un virus mais dénuées de propriétés infectieuses.

Le vaccin est destiné aux nourrissons et très jeunes enfants premières victimes du paludisme : 70 % des décès liés au parasite surviennent avant l’âge de cinq ans. Sans être spectaculaires, les résultats obtenus sont intéressants. Une étude de phase III conduite dans sept pays d’Afrique et ayant inclus 15 000 enfants met en évidence une prévention du premier (ou du seul) épisode clinique de paludisme chez 56 % des enfants âgés de 5 à 17 mois et chez 31 % des enfants âgés de 6 à 12 semaines. La protection décroît après une année et est nulle après quatre ans.

Un outil parmi d’autres

Si ces résultats ont permis au vaccin d’obtenir le feu vert de l’Autorité européenne du médicament notamment, ils ont déçu certains observateurs. Au moment du sésame de l’institution européenne en 2015, Seth Berkley, directeur exécutif de GAVI-Alliance du vaccin, créée par la Fondation Gates et Mark Dybul, directeur exécutif du Fonds mondial contre le sida , la tuberculose et le paludisme évoquaient le risque que le vaccin confère un « faux sentiment de sécurité » et affaiblisse les réflexes de protection, qui en raison de l’efficacité modérée du vaccin, demeurent essentiels. Les réticences concernent également la complexité du schéma vaccinal qui suppose quatre injections (à 5 mois, 6 mois, 7 mois et 2 ans), une multiplication qui peut s’avérer difficile à respecter dans certains pays d’Afrique. Par ailleurs, certains effets secondaires nécessitent une surveillance vigilante.

Ces différents écueils n’ont pas empêché l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) d’annoncer le lancement d’un important programme de vaccination qui doit concerner d’ici 2020 360 000 enfants dans  trois pays, le Kenya, le Ghana et le Malawi. L’opération sera menée en partenariat avec l’ONG Path Malaria vaccine. Les trois pays ont notamment été choisis parce qu’ils présentent une « couverture élevée de moustiquaires imprégnées d’insecticide de longue durée, des programmes de lutte contre le paludisme, une prise en charge des malades (…) et la participation au test de vaccination de la phase III » indique l’Organisation mondiale de la Santé ce qui réduit le risque que le vaccin soit perçu comme l’élément principal de la lutte contre le paludisme par les populations et les professionnels de santé. 

L’arrivée d’autres vaccins pouvant être plus efficaces est par ailleurs espérée: un vaccin développé par le laboratoire américain Sanaria ou le produit élaboré par une équipe de l’INSERM et de l’Institut de recherche du développement (IRD) visant le paludisme gestationnel.

Aurélie Haroche

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (2)

  • L'Afrique sacrifiée.

    Le 27 avril 2017

    400 000 cobayes sacrifiés sur l'autel de l'Église de la Vaccination. L'abus de vaccination provoque une crise de foi.

    Jean-Pierre Eudier

  • Au nom des victimes du paludisme

    Le 28 avril 2017

    La non vaccination contre le paludisme coûte 1,4 million de mort par an dans le monde... un détail sans doute.

    Une raison pour avancer dans de nouvelles stratégies thérapeutiques et préventive est toujours bonne à prendre.

    Dr FL

Réagir à cet article